Invitation // Réunion-débat le samedi 28 avril prochain, de 14h à 17h

Chers lecteurs, chers camarades,

le blog « Arguments Pour la Lutte Sociale » et des membres fondateurs de l’association Espace Citoyen du Val d’Yerres organisent une réunion-débat le samedi 28 avril prochain, de 14h à 17h au 40 rue de Malte Paris 11°.

Le cadre de cette réunion est défini ici :

https://aplutsoc.wordpress.com/2018/04/06/28-avril-2018-libre-debat-pour-une-alternative-politique/

Les nombreuses mobilisations sociales actuelles nous semblent susciter le besoin, pour aller de l’avant, pour se généraliser et se centraliser, d’une perspective politique que les courants et militants des organisations issues du mouvement ouvrier ont la responsabilité de mettre en avant : s’unir pour chasser Macron et donc amorcer la discussion sur la vraie démocratie nécessaire.

C’est pourquoi, nous vous invitons à venir présenter vos analyses, positions et propositions afin de contribuer à ce débat, comme indiqué dans le texte d’appel.

Vous pouvez nous contacter aux tél ou mails suivants : sv.presumey@wanadoo.fr ; rduguet@wanadoo.fr ; 06 32 71 06 97.

Salutations militantes.

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Billet du lundi 16 avril 2018 : Macron

La marque principale du moment présent en France est la confrontation entre le pouvoir exécutif, et donc l’individu qui l’incarne, et la majorité du pays, confrontation qui concentre celle de la classe capitaliste et du monde du travail. Le spectacle est remarquable : suffisance, morgue et violence au sommet, mais aussi et du même coup isolement croissant, et recherche de l’union, des moyens de la démocratie, en bas, là où le petit prince déclare ne voir aucune « coagulation » (sic).

La contradiction principale de Macron est qu’il dispose des pleins pouvoirs d’un président de la V° République à un niveau supérieur à celui de tous ses prédécesseurs depuis De Gaulle, du fait de l’effondrement des appareils politiques qui géraient ce régime avant son avènement, mais qu’en même temps et pour la même raison, il n’a qu’une très faible assise sur le terrain, dans le monde réel.

Il entend mener à bien les « réformes » de tous ses mêmes prédécesseurs en en terminant avec le droit du travail, la Fonction publique et les services publics, la Sécurité sociale, ce qui n’est faisable que de manière rapide, et conduit forcément à une transformation du régime le parachevant : une semi-dictature, qu’il considère sans doute comme appelée à durer.

Cette posture de lanceur d’une contre-révolution par en haut comporte forcément le risque de l’explosion en vol. La tension sous-jacente à ses prestations de bon élève bien huilées a clairement montré, depuis une semaine, que la question est à présent ouverte.

La pratique du pouvoir exécutif (seul véritable pouvoir : le législatif est à sa botte et le judiciaire est menacé encore qu’il peut encore, lui, envoyer secousses et signaux tels que la mise en examen d’un Sarkozy et la relaxe du soi-disant « groupe de Tarnac ») s’est en effet résumée, depuis une semaine, en deux aspects : une soudaine mise en avant d’un président qui avait choisi jusque là de jouer les empereurs éloignés de la vile presse, et la multiplication des violences contre ceux qu’il a désignés, dans ce qui est un appel à la répression, une incitation à la brutalité, les « agitateurs professionnels ».

Cette violence, choix politique, exige pour se mettre en place que l’on puisse stigmatiser ses victimes comme fauteurs de violence, selon une vieille tactique que le jeune tenant de la rupture avec « le vieux monde » est allée chercher auprès des anciens flics de la V° République tels que Raymond Marcellin, Charles Pasqua, Michel Poniatowski – ou Maurice Papon.

D’où le choix, comme symbole de la bataille fondatrice du régime qu’il voudrait instaurer, de Notre-Dame-des-Landes. Aucun motif juridique sérieux ne saurait expliquer le choix de chercher l’affrontement avec quelques centaines de cultivateurs et squatteurs d’un terrain exproprié pour une soi-disant raison d’utilité publique désormais nulle et non advenue, ainsi que le choix d’avoir d’emblée dirigé l’opération militaro-policière contre le secteur le plus productif et le plus « modéré » de la ZAD.

Petit problème par ailleurs tout à fait prévisible : alors que le freluquet apprenti-Napoléon III et ses deux séides, son ténébreux collaborateur de Matignon et le lourd et inquiétant ministre néo-socialiste (au sens de Déat) de l’Intérieur, ont à plusieurs reprises chanté victoire et, singeant cette fois-ci Bush junior en 2003, proclamé que le job était fait, la bataille du bocage et des marécages ne cesse de reprendre et elle va continuer, car jeunes et moins jeunes détestent violence, arbitraire et flicaillerie.

A l’extérieur comme à l’intérieur, Macron veut conjurer les échecs du capitalisme et de l’impérialisme français, et il a donc tenté de faire ce à quoi Hollande avait échoué en 2013 : jouer les poissons-pilotes entraînant l’exécutif nord-américain dans une « frappe », laquelle n’a jamais eu pour fonction de défendre la population syrienne traitée en otage voué à subir encore les bombardements, les tortures, les viols et les déportations de Bachar el Assad, lequel est manifestement englobé dans la « solution inclusive » de la question syrienne que Macron a évoquée lors de son entretien de dimanche soir avec les journalistes Bourdin et Plenel.

Cette conjuration a laissé de marbre le parrain nord-américain, qui a immédiatement démenti que M. Macron l’aurait convaincu de rester en Syrie. Elle n’a eu d’autre efficacité que de convaincre les soi-disant « partisans de la paix », ceux-là même qui ont interdit toute solidarité internationaliste avec le peuple syrien depuis 7 ans, que, puisqu’on avait égratigné Bachar et paru vexer Poutine, la guerre venait de « commencer » (sic). Ceux-là tout au moins fournissent ainsi, à leur façon, un soutien à M. Macron …

Un dernier aspect, non abordé dans les deux prestations télévisuelles du Bonaparte au petit pied cherchant à devenir grand, doit être souligné : son discours à l’épiscopat catholique.

Tout le monde a noté qu’il affirmé qu’il faut refaire « le lien » entre l’Église (catholique) et l’État, s’opposant donc ouvertement à la dernière conquête de la Révolution française qu’est la loi de séparation des églises et de l’État de 1905.

Mais il faut ajouter, pour prendre toute la mesure de ses propos programmatiques, qu’il les a situés sur une ligne idéologique qu’il a toujours affirmée : la laïcité ne concerne que l’État, la société civile doit être livrée aux religions. En même temps, il a consacré la supériorité de l’Église catholique, qu’il met « au dessus » (ce sont ses termes). Il appelle donc à une alliance de l’Église catholique et de l’État pour imposer les religions à la société civile. Dans ce cadre, l’islam sunnite est visé, de gré ou de force, par un concordat qui en ferait, en somme, le frère cadet de la grande Église

Cette dimension, non pas spirituelle, mais instrumentalisant les religions, combinée au caractère de plus en plus répressif et violent du régime, indique la tournure, le feeling, que nous avons au bout du bout du macronisme : un régime pas si éloigné que cela de la Hongrie selon Victor Orban.

Ainsi donc, en quelques jours, le jeune empereur a exhibé ses attributs, ou plus exactement ceux dont il aimerait se parer pour un long règne. Il exhibe aussi au grand jour la légèreté des dits attributs …

De la sorte se campe le terrain de l’affrontement. La question politique centrale est celle d’un régime démocratique, un autre régime, par une constituante démocratique. A son tour cette question politique en appelle une autre, celle de l’affrontement social qui mette au premier plan, un peu plus tôt ou un peu plus tard -mais il mûrit – la généralisation et la centralisation des luttes actuelles, ce que le président appelle « coagulation » et qu’il cherche à dénier, et que beaucoup appellent « convergence des luttes ».

D’ores et déjà, le contenu social et donc politique de la lame de fond lente et profonde qui monte dans le pays est bien celui-là. La tache politique la plus nécessaire est de l’exprimer pour qu’elle aille de l’avant. Ce n’est pas un hasard si les violences policières visent les assemblées générales d’étudiants, ces assemblées démocratiques où se forgent les moyens de la réflexion et du combat, et où la jeunesse s’éduque elle-même, surmontant les effets de l’inculture dont d’aucuns voudraient l’accabler alors qu’elle résulte des contre-réformes scolaires accumulées et des conditions de vie qui lui sont faites, et de la décomposition du syndicalisme étudiant. Des assemblés générales – de véritables assemblées générales, pas autoproclamées mais groupant les personnels d’une entreprise, d’un établissement, d’un site, d’un secteur, avec les syndicats, sont ce qu’il faut, dans la période immédiate, multiplier, et, au besoin, défendre becs et ongles.

16-04-2017.

 

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Billet du lundi 9 avril 2018

Lundi 9 avril.

L’exécutif macronien a choisi cette nuit pour lancer l’assaut contre la « Zad » de Notre-Dame-des-Landes, opération qui n’a strictement aucune raison d’être autre que la restauration de l’autorité du pouvoir, c’est-à-dire de sa capacité politique à user de la force.

Et il a, le même jour, employé la force contre les assemblées générales étudiantes à Nanterre et à Lille. Que les brutalités visent les assemblées générales vaut programme : elles sont ce qui fait peur au pouvoir car c’est là que se forme la confiance, la décision, et que se confrontent les positions, parmi les couches sociales qui entrent en mouvement.

Ces brutalités diffusent un profond sentiment d’avoir à défendre nos jeunes, nos enfants, nos élèves, d’un régime qui leur refuse le choix de leurs études et le droit à l’emploi et donc, dans cette société, à l’existence sociale.

Lundi 9 avril encore, les AG – justement : les AG – de cheminots de Paris-Nord et d’Austerlitz ont voté la grève reconductible, et non perlée, à compter du 13. Elles l’ont votée avec une claire conscience d’avoir à affronter l’exécutif.

La discussion sur comment l’affronter et comment le battre s’étend dans le pays.

Ironiquement, ce pouvoir qui entendait commémorer à sa façon « mai 68 », c’est-à-dire – mais il ne voulait pas le dire ! – la grève générale de mai-juin 68, en reproduisant à grande vitesse le pire de la V° République (1), met à l’ordre du jour pour de larges couches sociales le même type de discussions qu’en mai 68.

 

(1) Son président, ce même 9 septembre n’est-il pas allé à la conférence épiscopale catholique, aux Bernardins, proclamer qu’il faut « réparer », c’est-à-dire rétablir, « le lien entre l’Église et l’État » – la phrase exacte est : « Le lien entre l’Église et l’État s’est abîmé, il faut le réparer. »

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Arguments pour la lutte sociale Numéro 84 du 08 avril 2018

Le numéro 84 au format PDF

Modification du 15 avril 2018 : version corrigée des erreurs dans la rédaction des notes accompagnant la reproduction de la déclaration de Roger Silverman.

Sommaire :

  • Libre débat pour une alternative politique, invitation à l’assemblée-débat le samedi 28 avril
  • L’appel à une manifestation le 5 mai : débattons !, par Vincent Presumey
  • Brèves internationales du 8 avril 2018 : Ghouta-Gaza, Lula
  • Grèves sauvages des enseignants US : historique !
  • Déclaration de Roger Silverman sur les allégations d’anti-sémitisme à l’encontre du Labour Party et de Jeremy Corbyn.
  • Éditorial du 2 avril : le printemps du mécontentement arrive
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L’appel à une manifestation le 5 mai : débattons !

L’appel de l’ « Assemblée générale » du 4 avril.

Mercredi 4 avril, dans le contexte du démarrage puissant de la grève des cheminots, une « assemblée générale » se tenait à la bourse du travail de Paris, appelée par François Ruffin, député d’Amiens élu comme candidat unitaire de gauche, membre du groupe parlementaire « France insoumise », et Frédéric Lordon, essayiste en économie, qui en 2016 avait avec F. Ruffin lancé l’appel au mouvement « Nuit debout ».

Elle réunissait plusieurs centaines de participants.

Après plusieurs interventions de syndicalistes et de travailleurs engagés dans des luttes sociales, comme Gaël Quirante, syndicaliste SUD de La Poste licencié sur intervention ministérielle, – la salle scande Grève générale après son intervention -, et Mirabelle Hann, femme de chambre au Holiday Inn de Clichy – 111 jours de grève, depuis le 19 octobre, qui ont arraché le relevé quotidien des heures travaillées avec 130 heures par mois a minima et une prime de panier de 7,14 euros – les deux personnalités appelantes ont sorti de leur chapeau la proposition d’une grande manifestation nationale le samedi 5 mai, complétée ensuite par celle de former partout des « comités du 5 mai », propositions validées à la « quasi-unanimité ».

Nota Bene : j’ai mis ici « assemblée générale » entre guillemets pour la raison suivante : une « assemblée générale » à l’origine réunit les personnels d’une entreprise, d’un site, d’une administration ou les jeunes scolarités d’un établissement ou d’une université, et n’est pas composée de gens venus individuellement de divers lieux : cette « assemblée générale » était en fait une réunion politique ne s’assumant pas pleinement comme telle, mue en cela par le désir de se poser en représentante, forcément autoproclamée, du « mouvement social ».

Voici l’appel-pétition diffusé suite à cette assemblée :

https://www.change.org/p/le-peuple-appel-au-samedi-5-mai-faire-sa-f%C3%AAte-%C3%A0-macron

Un tel appel fait écho à un vrai besoin.

Le texte-pétition parle de « mouvements dispersés » pour décrire la situation actuelle. Ce n’est déjà plus tout à fait vrai : la lame de fond qui monte a commencé à construire l’unité. Elle a fait des 15 et 22 mars des moments de rassemblement de tout le monde du travail, c’est elle qui a donné sa puissance au démarrage de la grève des cheminots, et elle a en outre imposé des prises de position, y compris communes, de soutien aux cheminots venant de la plupart des partis et organisations de gauche ou issues du mouvement ouvrier.

Et, de plus, se dessine un mouvement d’ensemble de la jeunesse étudiante et lycéenne, contre laquelle la violence de Parcoursup, concentré de la violence sociale dont elle est victime, mouvement qui va atteindre son plein régime en mai-juin.

Les cheminots ne gagneront pas tout seuls et ne peuvent porter à eux seuls, même avec les caisses de grève bien alimentées qui sont en train de se remplir, le poids de l’affrontement voulu par Macron.

Bref, le mouvement réel est en marche et il cherche à s’unir, c’est-à-dire à s’étendre et à se généraliser, en se centralisant contre l’adversaire d’où partent les coups : le pouvoir politique.

Une manifestation centrale commune est donc tout à fait bienvenue.

Pourquoi et comment réussir une manifestation centrale ?

Une manifestation centrale commune pour quoi faire ? – question qui conditionne sa réussite.

Elle ne peut avoir d’autre sens, et il faut donc le dire, que celui de réaliser l’unité pour battre et chasser Macron. Pour cette raison – parce que le mouvement réel des luttes sociales est politique, au plus haut point – les conditions de sa réussite passent par la réalisation de la grève unie, et une manifestation centrale affrontant directement le régime serait donc une manifestation se tenant en semaine, avec grève. Rappelons d’ailleurs que, malgré sa date tardive, la manifestation intersyndicale du mardi 14 juin 2016, qui a atteint quoi qu’on en dise le million de manifestants ou peu s’en faut, a été à ce jour ce qui s’en rapprochait le plus.

A défaut, une manifestation de démonstration politique appelant à réaliser cette unité pour chasser Macron, se trouve être appelée depuis des mois par un courant politique dont « l’audience » est moindre que celle des appelants de l’ « assemblée générale » du 4 avril, mais qui s’est adressé aux courants politiques issus du mouvement ouvrier (dont l’ensemble des affiliés à l' »espace politique » de la France insoumise), à savoir la manifestation appelée par le « Comité pour la rupture avec la V° République et l’Union Européenne » constitué par le POID (Parti Ouvrier Indépendant et Démocratique) … à la date du dimanche 13 mai.

Nul doute que les travailleurs et les jeunes de la base qui soutiennent l’appel au 5 mai et espèrent qu’il soit un point d’appui pour gagner, l’entendent comme un moment de centralisation et d’unité contre Macron, pour battre Macron, pour défaire Macron, pour chasser Macron.

Nul doute que lorsque les participants à l' »assemblée générale » du 4 mai ont scandé « Grève générale », tel était le sens de leur combat, tel était leur souhait.

Le 5 mai selon Ruffin et Lordon.

Qu’en disent Ruffin et Lordon et qu’en dit l’appel-pétition qu’ils ont lancé ?

« Il est probable que Macron ne se rende pas compte que, sous son règne, tout devient très clair, trop clair. Le moment est peut-être venu de lui faire savoir, pour notre part, où nous en sommes. Dans les ordonnances SNCF, se trouvent reliés tous les éléments d’un monde dont nous ne voulons pas. Si ce qui est clair pour nous ne l’est pas pour lui, rassemblons-nous donc pour le lui expliquer un peu plus nettement. Premier anniversaire à l’Élysée ? Qu’il sente non pas la bougie mais le vent du boulet. »

Il faut « faire sa fête » à Macron, titre l’appel. Le fêter ou le chasser – ou réaliser les conditions de l’unité pour le chasser ? D’après ce qu’en dit le texte lui-même, il s’agit de « lui faire savoir où nous en sommes ». Sérieusement, en a-t-il vraiment besoin ? S’agit-il de rendre les choses « claires pour lui » ? De lui « expliquer » ? Et sentira-t-il vraiment le « vent du boulet » s’il n’a affaire qu’à un grand happening le conspuant, certes, tout en disant vouloir surmonter « la dispersion » qu’un tel type de manifestation serait le « seul moyen » de surmonter, comme si la grève unie (associant chômeurs et citoyens solidaires, bien entendu) n’était pas LE moyen réel par lequel cette dispersion commence à être surmontée sans attendre le 5 mai ?

Sous l’ambiguïté de la formule « faire sa fête à Macron », vont s’organiser et monter à Paris des milliers qui veulent l’unité pour battre et chasser Macron, c’est une évidence, car autrement ce serait un bide. Ces formules peuvent passer pour des métaphores de ce contenu. Mais les initiateurs ne semblent pas vouloir d’explicitation de leurs métaphores et là, nous sommes au cœur des questions les plus politiques, de celles qu’il faut cesser d’esquiver.

Mais alors pourquoi ne pas dire ce qui est : qu’il faut faire l’unité pour chasser Macron, ce « Bonaparte gazeux » ?

Pourquoi ne pas faire de ceci le sens de la manifestation du 5 mai puisque c’est ce sens là qui fera venir les gens ?

Pourquoi ne plus rien dire, d’ailleurs, de la question de la grève générale scandée par l’ « AG » du 4 avril peu avant que la manif du 5 mai ne soit lancée ?

Le questionnement oh combien légitime de F. Ruffin.

Le sens politique effectif de la manifestation et la question « quoi faire après » sont liés.

Quoi faire après ? F. Ruffin s’interroge à haute voix : « La plus grosse question, c’est : qu’est-ce qu’on fait le 5 mai au soir ? Il faut une inversion du rapport de force, que la peur change de camp, que le 5 mai au soir soit le point de départ. »

« On ne va pas refaire Nuit debout », déclare prudemment Frédéric Lordon.

De deux choses l’une : soit le 5 mai sera une vraie centralisation politique contre Macron et donc une étape dans la réalisation de l’unité, la vraie, et la question de la grève unie pour le battre, de la grève générale, non pas comme un mythe mais comme la centralisation-généralisation rapide et efficace, pourra être posée ouvertement, c’est-à-dire réalisée voire imposée aux directions syndicales, soit il sera un happening débouchant sur … le questionnement de François Ruffin.

On sent qu’il n’a pas envie de réoccuper la place de la République pendant deux mois. Mais si le sens du 5 mai est d’affronter réellement Macron et pas de lui faire une « fête », fut-elle « sa » fête, la question de François Ruffin devrait et pourrait être notre question à tous. Quel débouché politique contre Macron ?

Quelle union, fédération, coalition, de forces et de courants politiques issus de la gauche et du mouvement ouvrier (ceux qui ont fait élire F. Ruffin à Amiens) pour être candidats au pouvoir, non pour s’en servir, mais pour libérer tout barrage à la démocratie, afin donc que le peuple, le vrai, élise une constituante, élise des députés mandatés, dotés d’un vrai pouvoir, responsables, révocables, pour que ceux-ci soient à son service et pas à celui du capital ?

Voila de vraies questions, des questions révolutionnaires, mais réalistes. Des questions qui ne doivent plus être esquivées, car leur simple débat ouvre des perspectives et contribue au développement des mobilisations, à leur extension.

Car la généralisation des luttes sociales, suscitée par la lame de fond qui monte d’en bas, lente mais puissante et sûre, qui a démarré avec les EHPAD et les retraités, qui s’étend aux jeunes, qui défend les écoles et les services publics, qui protège les cheminots, conduit à ces questions là.

L’horizon alors ne réside plus dans les présidentielles de 2022, les municipales de 2020, les européennes de 2019, mais il est là, accessible, et il s’appelle démocratie !

« Syndicalo-syndicalisme, vous avez dit syndicalo-syndicalisme » ?

Sauf que s’il faut attendre, alors en effet la bamboula et le charivari sous les fenêtres à Macron (en fait loin d’elles, les cordons de CRS y veillant) c’est bien, mais quand arrive la soirée et que tombe le crépuscule, tombe aussi le spleen de François Ruffin : « et ce soir, et maintenant, on fait quoi les amis ? »

Frédéric Lordon, dans un article écrit quelques jours auparavant, pour le site du Monde Diplomatique, Ordonnances SNCF : l’occasion, se livre à une critique très largement justifiée de l’orientation, et de la situation matérielle, des directions syndicales confédérales, pour aboutir à la conclusion que le problème de ce côté là est inextricable, car il n’y a, peut-on ainsi interpréter son article, pas seulement la « bureaucratie » (selon lui, d’ailleurs, chose inévitable), mais plus encore du « syndicalo-syndicalisme » à savoir la pratique quotidienne de résistance faite de petits gestes fondamentaux, de « petites » mais éprouvantes mobilisations, de compromis, de répression, des délégués et représentants syndicaux de « terrain ».

Au moment précis où la mise bout à bout des revendications surgissant de ce syndicalisme là, et sous lui, derrière lui, avec lui, des nappes profondes des personnels des EHPAD et des petites entreprises peu syndiquées mais pleines de rages, dessine son « ‘autre monde » – c’est-à-dire au moment précis où les revendications défensives se combinent à des revendications offensives : hausse des salaires, service public des déchets …-, F. Lordon lui rédige son épitaphe : il est bon pour s’occuper du beefsteak, il faut qu’il le fasse mais il n’est bon à rien d’autre, il ne produit pas « de la cause commune » !

Il faudrait donc qu’il devienne, conclut-il, « politique, et pourquoi pas révolutionnaire » – on voit ici que pour F. Lordon, la lutte quotidienne pour le beefsteak n’est pas révolutionnaire … et si l’on traduit en termes politiciens ces développements un tantinet nébuleux l’idée est en fait qu’il faudrait que nous ayons « un appel conjoint et paritaire CGT-FI ».

Les mobilisations sociales ne consistent pas dans des mouvements de résistance au « néolibéralisme » mais elles partent des questions concrètes et matérielles que vivent les gens. Ils ne « produisent » pas un discours « antilibéral », ils se défendent – comme personnes, comme vendeurs de leur force de travail. Et cette lutte de classe organique est générale et quotidienne. Elle ne se heurte pas à une « classe nuisible » ou une « oligarchie », mais aux rapports quotidiens de l’échange et de la production marchandes dominées par le capital et engendrant le capital, et du même coup, souvent beaucoup plus vite qu’on ne l’imagine, à son État. Au cours des derniers mois, depuis l’avènement de Macron, nous avons eu deux phases :

– à l’automne un pré-affrontement, vécu comme définitif par bien des gazeux macroniens et peut-être par Macron lui-même, avec les secteurs « traditionnels » et syndiqués, gagné par le pouvoir, qui en a déduit qu’il pourrait isoler et battre les cheminots pour avoir sa victoire à la Thatcher,

– et, cet hiver, non prévu ni par Macron, ni par la plupart des analystes, un ébranlement lent venu des profondeurs, arrivé par les EHPAD et les retraités, qui ont commencé à retourner toute la situation, développement qui s’amplifie aujourd’hui.

Nous sommes quelques uns à l’avoir senti, comme on sent des cors aux pieds. Jacques Chastaing, cité par Lordon qui cite aussi, à juste titre, l’émission de Cash Investifation sur Liddle, est de ceux-là, mais Lordon ne capte pas la portée immédiatement, directement politique de ce mouvement réel profond, dont la gestion immédiate relève pour lui de son fameux « syndicalo-syndicalisme », et il veut lui imposer sa médiation idéologique sans laquelle ces pauvres gens ne peuvent arriver à rien …

En matière théorique nous avons là une petite leçon de chose : en ignorant le contenu concret de vieilles affirmations « marxistes » (Toute lutte de classe est une lutte politique – Marx), est postulé un « syndicalisme révolutionnaire » castré, sans la grève générale !

C’est en tant que « syndicalo-syndicaliste » et pas seulement comme militant analysant la situation d’ensemble que j’ai personnellement compris en janvier que quelque chose « d’autre » commençait à se passer, quelque chose qui vient de loin. Je suis responsable FSU. Quand quelqu’un qui ne relève pas de mon champ de syndicalisation m’appelle, pour être conseillée sur une grève, grève que les personnels de son EHPAD n’ont finalement pas faite, par peur, mais qu’à la place elles ont rédigé une remarquable liste « syndicalo-syndicaliste » de tout ce qui ne va pas dans leur travail, sans oublier les compresses et les bidets, ce qui veut dire qu’en cachette elles se sont réunies, alors je me suis dit « y ‘a un truc ». Ce que, depuis, a confirmé l’acharnement des parents d’élèves de plusieurs écoles à occuper celles-ci et à refuser ce qui est présenté comme décidé, normal, « équitable » et inévitable. Petites choses. Petits mouvements. Quotidien. « Syndicalo-syndicalisme » avec des gens réels, pas ceux du « peuple en construction », pas des « antilibéraux », des gens qui ne votent pas forcément à gauche, s’ils votent. Mouvement réel. Révolution.

Aspects politiciens.

F. Lordon critique à juste titre les calendriers et stratégie d’évitement des mouvements d’ensemble se centralisant, venant des directions syndicales. Il semble ne pas avoir compris pour autant que si la manifestation appelée par J.L. Mélenchon le 22 septembre dernier avait commencé à susciter réticences et résistances, ce n’est pas à cause du « syndicalo-syndicalisme » des délégués obtus qui ne « veulent pas faire de politique », ni à cause de la « charte d’Amiens » pourfendue par J.L. Mélenchon, ni à cause du PCF, mais parce que ce rassemblement couronnait un tel calendrier en appelant par avance à engager la lutte … sans grève et une fois les ordonnances ratifiées !

Cette stratégie politique ne s’opposait pas à celle des « appareils syndicaux », elle complétait celle-ci tout en combattant le contenu politique en gestation dans la grève unitaire du 12 septembre contre les ordonnances.

Et ceci au nom d’une idéologie tendanciellement anti-syndicale, « populiste », visant à « construire le peuple » avec petits patrons et précaires contre les « fonctionnaires syndicaux », une dérive inquiétante avec laquelle J.L. Mélenchon joue avec cynisme, et à laquelle me semble faire écho, même si elle ne lui est pas identique, la perception condescendante du « syndicalo-syndicalisme » chez F. Lordon.

Cet automne, la « manifestation citoyenne le week-end » à la J.L. Mélenchon a pleinement participé des éléments ayant permis la victoire de la première manche par Macron. Mais, s’ajoutant aux problèmes politiques accumulés depuis la présidentielle, elle a aussi contribué à nourrir la méfiance des militants syndicalistes. De sorte que maintenant que la seconde vague, partie de bien plus importantes profondeurs, advient, il était impossible à J.L. Mélenchon de relancer la même opération. Au contraire la force du front unique, qui n’a rien de politicien mais qui est la force même du mouvement profond qui monte, l’a contraint à être respectueux et « sage » jusqu’à un certain point, contraint à apparaître comme soutenant les syndicats, se situant dans l’unité, « au service » du mouvement, voire un tantine gauchisant, mais pas trop ; ne parlons surtout pas de grève générale mais évoquons un « mai 68 perlé » !

Tout cela tout en rappelant le fond de son orientation sur d’autres sujets de manière de plus en plus déliquescente : soutien de fait aux massacres en Syrie à travers « le Média », dénonciation non du CRIF mais de « la communauté », sic, suite aux provocations du CRIF et de la LDJ, etc. Avec l’appel à une manifestation le samedi 14 avril à Marseille, toutefois, commence à ressurgir la thématique visant à opposer à l’unité du salariat l’union « du peuple ».

Là où J.L. Mélenchon parle de « mai 68 perlé », F. Lordon parle de « débordement général ». Pour l’un comme pour l’autre, grève générale, manifestation centrale pour en découdre avec Macron, sont des formules à éviter : s’en rapprocher en apparence, mais à éviter !

En outre, le court-circuitage de la manifestation du POID, susceptible dans le contexte présent d’avoir un relatif succès, a pu être aussi un mobile au niveau du noyau dirigeant de la FI qui vient d’appeler ses adhérents à se lancer dans les « comités du 5 mai ».

Aider par la discussion politique la montée qui est en cours.

Si nous prenons un peu de recul, l’impression qui prévaut au moment présent est tout de même que la force de ce qui est en train de monter charrie avec elles bien des obstacles et impose l’unité. D’ici le 5 mai, il va y avoir d’autres moments de la grève des cheminots, d’autres évènements, les mouvements dans la jeunesse, etc., sans oublier, bien entendu, le 1° mai (une excellente occasion, au fait, pour les « non salariés » et « ceux qui ne peuvent pas faire grève », de manifester !).

Dans l’absolu la montée est trop lente, et le risque que prennent les fédérations de cheminots en installant ceux-ci, comme de bons soldats, dans la durée, est lourd. Mais le problème clef pour le pouvoir exécutif, comme pour toutes les manœuvres et contre- manoeuvres, est que la montée est là, et que si je puis dire la montée monte, encore. Ce dont elle a besoin n’est pas de coups d’accélérateurs artificiels, mais de débat politique approfondi, donnant des perspectives qui l’aident à monter encore.

C’est de ce point de vue que les questions balayées dans la présente contribution ont de l’importance, et à cet égard la discussion de pourquoi faire une manifestation centrale et comment est une excellente opportunité. Constatons d’ailleurs que l’appel au 5 mais est essentiellement réceptionné ainsi : on ne bondit pas d’allégresse, on s’interroge, on discute. C’est ce qu’il faut faire.

Il faut que cette discussion contradictoire, démocratique, se poursuive, s’approfondisse : le présent texte doit dont être pris, ni plus ni moins, comme une contribution au débat que nous aurons notamment le samedi 28 avril prochain, de 14h à 17h au Maltais rouge, 40 rue de Malte Paris 11° (métro République ou Oberkampf).

VP, le 08/04/18.

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28 avril 2018 : Libre débat pour une alternative politique

Tous les secteurs du salariat, actifs, chômeurs et retraités, et la jeunesse, sont en train de chercher voies et moyens pour affronter le pouvoir exécutif « macronien ».

Celui-ci en effet, après avoir remporté une première victoire contre les droits sociaux et démocratiques par ses ordonnances contre le code du travail, a désigné les cheminots comme la cible à abattre, au compte du capital dans son ensemble.

Mais une lame de fond s’est progressivement levée à partir des mouvements des EHPAD et des retraités, notamment.

C’est cette lame de fond qui a donné un caractère général, c’est-à-dire un caractère politique d’affrontement avec le pouvoir, à la grève appelée par la majorité des fédérations de la fonction publique le 22 mars dernier, et elle s’est du même coup étendue et approfondie.

C’est cette lame de fond qui, en faisant en sorte que les cheminots ne soient pas isolés, a conféré force et puissance au début de leur grève le 3 avril.

C’est cette lame de fond qui porte la mobilisation progressive de la jeunesse étudiante et lycéenne, qui a été confrontée à plusieurs agressions et provocations d’extrême-droite suite au 22 mars.

C’est à présent cette lame de fond qui soulève les questions politiques essentielles : combattre l’ensemble de la politique de Macron, construire dans l’unité et dans la lutte une alternative, réaliser l’unité dans la grève. Ces besoins politiques sont liés entre eux.

Nous n’en sommes donc plus au moment de la prise de conscience de la généralité des attaques menées par ce gouvernement et ce président et l’assemblée-bidon qui les accompagne, même s’il existe des inégalités d’un secteur à un autre. En attaquant tous azimuts, l’exécutif macronien de la V° République suscite le besoin politique d’une lutte sociale se généralisant en se centralisant contre lui.

Il en va de l’avenir des enfants et des jeunes à commencer par leur droit aux études, il en va du traitement accordé aux vieux, il en va de ces éléments de civilisation que sont le droit du travail, les services publics, les statuts de la fonction publique et de la SNCF, la protection sociale, la laïcité, et cette défensive devient offensive en exigeant l’extension des services publics et non leur atrophie, la hausse des salaires, retraites, pensions et minima sociaux et non leur baisse réelle.

Les données d’un affrontement général, d’une explication d’ensemble classe contre classe, majorité contre minorité capitaliste, se mettent en place. Nous n’allons pas plus vite que la musique en disant cela : notre propos n’est pas d’accélérer à tout prix l’affrontement, qui aura lieu, qui germe et qui monte, notre propos concerne les conditions de sa victoire, ou non.

Car non seulement l’exécutif macronien de la V° République annonce et assume un avenir bouché pour le plus grand nombre, fait de petits boulots, d’ubérisation et de non-droits, mais, comme l’indiquent les nombreux « incidents » liés à l’ultra-droite depuis l’affaire de Montpellier du 23 mars dernier, il nourrit la pire réaction : sa victoire conduirait soit à l’arrivée au pouvoir de cette dernière, soit à l’installation d’un macronisme pérenne et autoritaire dans une société brisée.

Il est évident que l’immense majorité n’en veut pas et que ce qui est, de plus en plus, à l’ordre du jour, n’est pas ce mauvais scenario, mais l’affirmation démocratique de l’affrontement social nécessaire et salutaire.

Le blog Arguments pour la lutte sociale et deux camarades, Robert Duguet et Philippe de Maistre, membres fondateurs d’une association qui était en octobre en voie de se constituer : l’Espace Citoyen du Val d’Yerres (91), ont participé le 22 octobre à une rencontre sur le thème : « constituer une perspective politique, nécessairement pluraliste et démocratique, qui représente les salariés, actifs, chômeurs, retraités, jeunes, alternative à Macron, pour le chasser lui et la V° République. », à laquelle avaient notamment participé des représentants du courant ayant depuis constitué la Gauche démocratique et sociale, composé surtout d’anciens militants du PS

Constituer une telle perspective politique, cet objectif n’a-t-il pas plus d’actualité, d’urgence, à présent ? Sans aucun doute.

Et ce n’est pas un objectif séparé de celui visant à réaliser l’unité, la centralisation et donc la généralisation des luttes sociales contre le patronat et l’exécutif. Les cheminots seuls n’y arriveront pas et ils ne seraient pas entrés en grève avec une telle force s’ils avaient été isolés. La question de la vraie grève générale, courte et unie, se pose à présent, et elle pose à son tour la question : chasser Macron, et quoi ensuite ?

Les journées d’action interprofessionnelles annoncées (dont de larges secteurs vont bien sûr se saisir) ne répondent pas à ces questions. Mais plus les forces, courants et militants se situant sur le terrain du mouvement ouvrier et du débat démocratique s’associeront, débattront publiquement des perspectives et affirmeront leur volonté à construire, sur la base des mobilisations, l’alternative politique démocratique à ce pouvoir et à ce régime, plus se renforceront les chances d’un mouvement général et centralisé pour gagner.

C’est pourquoi nous invitons ceux et celles qui, tout en participant aux combats sociaux du moment, veulent avancer sur cette question, à une assemblée-débat le samedi 28 avril, de 14h à 17h à la salle de réunion du « Maltais rouge », 40 rue de Malte Paris 11° (métro République ou Oberkampf). Nous remercions d’ailleurs l’association qui gère cet espace car trouver un lieu de réunion à Paris est un vrai problème démocratique, qui a contribué à retarder notre initiative.

Notre invitation s’adresse à toutes et à tous :

  • les militants syndicalistes qui cherchent la centralisation et l’extension des luttes sociales actuelles,
  • les jeunes qui refusent l’avenir « uber-blanquérisé » que l’on veut leur imposer et parmi eux les syndicalistes étudiants et lycéens,
  • les militants et citoyens mobilisés sur l’appel lancé par F. Ruffin et F. Lordon à un « débordement général » pour « faire la fête à Macron » le 5 mai prochain.

Nous savons bien qu’à partir de nos seules forces nous n’allons pas par miracle associer les milliers et les milliers concernés par ces enjeux, mais, sans aucune exclusive, notre invitation s’adresse tout particulièrement aux courants politiques ou syndicalistes qui, d’une façon ou d’une autre, mettent en avant la nécessité de l’unité pour chasser Macron sans s’aligner sur le calendrier électoral officiel (présidentielle en 2022, municipales en 2020 et européennes en 2019 !) et saisissent ou tendent à saisir comme une question politique à traiter maintenant celle de l’unité et de l’alternative à Macron et à la V° République et donc le débat sur le régime, la constituante, le gouvernement démocratiques nécessaires :

  • le Front social,
  • le POID (Parti Ouvrier Indépendant et Démocratique) qui prépare depuis plusieurs semaines une manifestation le dimanche 13 mai « pour l’unité pour chasser Macron », objectif précis que nous partageons,
  • la GDS (Gauche Démocratique et Sociale) qui appelle à « bâtir un front unitaire contre Macron » et à « l’unité pour une alternative à gauche »,
  • les militants d’Ensemble, du NPA, de l’Association pour une constituante … liste non limitative !

Nous proposons de donner à la réunion du 28 avril le caractère d’une réunion-débat dans laquelle chaque courant ou organisation représenté pourra, pour commencer, présenter ses positions et propositions en une courte intervention liminaire de 10 mn. Le but est d’avoir un débat politique de fond, en prise sur le réel : ni prise de tête, ni happening, mais libre débat entre militants ouvriers, ça urge aujourd’hui !

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Grèves sauvages des instits US : historique.

En ce soir du premier jour de la grève des cheminots en France, le rapport de force s’est plutôt renforcé dans le camp du salariat : grève puissante, soutenue par la population et conspuée par les médias, grèves dans d’autres secteurs aussi et mouvement de la jeunesse en train de se lancer.

Alors que la généralisation et la centralisation des grèves – la  plus politique des questions politiques ! – se cherche en France, nous devons mesurer les faits historiques qui sont en train de percer aux États-Unis. Lire la suite

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