Macron : jusqu’où ? jusqu’à quand ?

Bien entendu la question qui se pose est : jusqu’à quand ? Et n’est-ce pas maintenant qu’il faut agir pour stopper, défaire, et donc chasser, Macron et son gouvernement ?

Le « respect des institutions », c’est le contraire du respect de la démocratie. Attendre jusqu’en 2022, c’est laisser faire et c’est donc créer les conditions pour que, la défaite de la société accomplie, un Macron ou un Wauquiez joue les Poutine et les Orban en se faisant réélire à perpétuité dans le cadre d’un bonapartisme restauré mais pas moins sénile …

De la même façon, qui peut croire que ce sont les élections européennes de 2019 qui pourraient fournir prise à la formation d’une alternative politique à Macron, si ce n’est pas auparavant, sur le terrain direct de la lutte des classes, qu’aura pris forme et consistance celle-ci ?

Par conséquent, il est légitime que s’exprime une certaine impatience. Nous reproduisons en annexe trois textes.

Le premier est la déclaration adoptée par le bureau national du POID voici quelques jours pour appeler à la manifestation du 13 mai. Cet appel affirme que c’est maintenant qu’il faut en finir car c’est maintenant que Macron engage ce que nous avons appelé ci-dessus la « guerre de mouvement ». Il a le mérite de proposer ce qui pourrait être une action de centralisation et d’unité, avec cette manifestation du 13 mai, tout en dessinant une perspective générale nécessaire – un gouvernement qui n’obéisse pas aux « traités européens » et une assemblée constituante souveraine – tout en ne faisant pas de l’accord sur cette perspective une condition pour l’unité pour chasser Macron.

Nous partageons cette perspective générale. Mais il nous semble important que la discussion s’engage pour la préciser et par cela même construire le regroupement des forces susceptibles de constituer un tel gouvernement. C’est ici que la nécessité d’une fédération des courants se situant sur la base du mouvement ouvrier, apparaît. Car chasser Macron n’est pas une possibilité immédiate. Si une perspective politique alternative se dégage en même temps que montera dans le pays l’action commune tous ensemble du salariat et de la jeunesse, alors oui elle le sera.

Le second texte est l’édito de Marc Hébert pour le dernier bulletin de l’Union des Anarcho-Syndicalistes : http://www.uas-pelloutier.fr/. Ce texte se situe dans le cadre des débats dans la confédération FO dont le congrès aura lieu fin avril à Lille. Il relie les ordonnances Macron et l’orientation de la CES (Confédération Européenne des Syndicats –dont FO ainsi que CFDT et CGT sont membres), qui n’a plus rien de syndical. Il note judicieusement que les lois Auroux, qui comportaient déjà la logique des accords d’entreprise plutôt que de branche, contenaient aussi plusieurs acquis liés à la victoire sociale de 1981, qui volent en éclat avec les ordonnances (ainsi par exemple des CHSCT, au moment où les joies de la sous-traitance sont illustrées par la meurtrière explosion dans une usine à Dieppe …). Il se conclut en appelant à prendre les résolutions nécessaires à l’action. Cet appel concerne tous les militants ouvriers, au delà des syndicalistes FO.

Le troisième texte vient justement d’un militant CGT connu, Michael Wamen, ancien délégué de l’usine Goodyear d’Amiens fermée par le patronat, scandaleusement poursuivi et condamné par la prétendue « justice » suite aux combats menés pour l’emploi. Il annonce que le regroupement auquel il participe va « proposer l’esquisse d’une feuille de route », car les dirigeants syndicaux n’en font rien, les nouvelles journées d’action annoncées pour mars ne servant à rien à son avis.

Toutefois, l’ « esquisse d’une feuille de route » n’est pas dessinée, et pour cause car cela ne va nullement de soi : ce serait justement la responsabilité des organisations syndicales, dernier point d’appui réel des salariés, actifs, chômeurs, retraités ou en formation, que de centraliser et généraliser le mécontentement clair et général qui monte.

Si elles ne le font pas, ce n’est pas parce que les dirigeants ne veulent pas « se bouger le cul », mais pour des raisons politiques déjà évidentes en 2016 : centraliser, unir, et par là même généraliser les luttes, conduit à affronter patronat et État et à prendre ce qu’elles perçoivent comme risque de renverser le pouvoir exécutif en place. Pourtant, le vrai risque, pour la vie des travailleurs, des jeunes, des syndiqués, c’est que cet exécutif aille à son terme !

Agissons donc pour que les syndicats soient indépendants, en jouant leur rôle de syndicats, mais ne leur mettons pas tout sur le dos : le regroupement pour une perspective politique alternative est de plus en plus nécessaire.

Nous venons, en fait, de passer quelques mois sans grandes « journées d’action » plus ou moins parachutées, et nous n’avons pas vraiment à nous en plaindre car la germination montant d’en bas s’est exprimée, dans les grèves locales, le mouvement des gardiens de prison, la maturation opérée autour du mouvement des EHPAD, et les mobilisations en toile d’araignée, attestant d’une réflexion, d’une recherche, qui se multiplient contre la sélection à l’entrée de l’université, et contre les fermetures de classes.

A présent, devant cet exécutif qui engage la guerre de mouvement, arrive le moment où des actions centrales communes sont bel et bien nécessaires.

Retraités et personnels des EHPAD et des services pour personnes âgées feront grève et manifesteront, à l’appel de tous les syndicats (sauf CFDT et UNSA parmi les retraités), le jeudi 15 mars. Le jeudi suivant, 22 mars, toutes les fédérations de fonctionnaires (sauf à ce jour CFDT et UNSA) appellent à la grève contre les projets de Darmanin. Le même jour, la fédération CGT des cheminots a lancé un appel à une manifestation nationale des cheminots.

Est-ce la « litanie des journées d’action » souvent dénoncée par pas mal de militants et de courants politique qui reprend ? Oui et non. Cela pourrait l’être si l’on s’en tient à ces journées. Mais celles-ci vont, par la force des choses, jouer le rôle de point d’appui et de points d’orgues dans la recherche de l’unité et de la centralisation.

Cette question va se poser dans l’Éducation nationale, tant sur le Bac et le droit aux études à l’université, que sur les écoles. Le recensement impressionnant que fait le SNUIPP-FSU des mobilisations contre les fermetures de classes:

https://www.snuipp.fr/actualites/posts/carte-scolaire-en-berne, appelle une nécessité : ne faut-il pas tous ensemble monter au ministère, exiger les postes pour les enfants ?

Répétons-le : il faut maintenant, par delà les habitudes et les frontières « historiques », se rencontrer, se fédérer, vite, pour que ce mouvement qui se cherche surmonte les obstacles en marchant vers un débouché.

* * *

Annexe 1 

L’appel du BN du POID :

Peut-on attendre la présidentielle de 2022 ?

C’est maintenant que Macron et son gouvernement…

veulent démanteler la SNCF, en supprimant 9 000 kilomètres de ligne, en livrant les chemins de fer au privé, en brisant le statut des cheminots ;

enfoncent des millions de retraités dans les plus grandes difficultés en diminuant leurs pensions (des centaines d’euros en moins par an !) ;
… veulent licencier 120 000 fonctionnaires sous couvert d’un « plan de départ volontaire » ;

encouragent les patrons à supprimer en masse les emplois, utilisant les facilités ouvertes par les ordonnances contre le Code du travail ;

entreprennent une contre-réforme du baccalauréat qui le transformerait en chiffon de papier sans aucune valeur, interdisant de fait l’accès à l’Université aux enfants de la classe ouvrière ;

démantèlent la Sécurité sociale de 1945 fondée sur les cotisations (salaire différé) et préparent une terrible contre-réforme des retraites ;

poussent les hôpitaux à l’explosion, à coups de suppressions de lit par dizaines de milliers, et poursuivent la liquidation des maternités (dont 70 % ont été fermées depuis quinze ans) ;

ferment les classes par milliers dans les écoles primaires et maternelles (préparant la disparition pure et simple de ces dernières) ;

asphyxient les communes et leurs services publics en les contraignant à signer des contrats avec l’État pour relayer sa politique d’austérité.

C’est maintenant que Macron, aux ordres des banquiers et des capitalistes, veut détruire les piliers essentiels des droits ouvriers, de la démocratie et de la République. Macron s’en vante qui vient de déclarer : « Je suis le fruit d’une forme de brutalité de l’histoire, d’une effraction. » Une effraction ? C’est ce qu’on appelle, en langage populaire, « un casse ». Macron, c’est l’homme du « casse » revendiqué de tous les droits, de toutes les conquêtes que des générations de travailleurs ont arrachés par leurs luttes.

Et il faudrait, sagement, comme nous y invitent les «grands dirigeants de la gauche», attendre l’élection présidentielle de 2022 ?

C’est maintenant qu’il faut en finir !

Car c’est maintenant que Macron…

vient d’augmenter le budget militaire à hauteur de 2 % du PIB (295 milliards d’euros sur cinq ans) exigés par Trump et l’Otan pour entraîner la France toujours davantage dans des guerres d’agression et d’occupation contre les peuples du monde entier ;

veut instaurer un service national obligatoire pour exploiter la jeune génération (main-d’œuvre gratuite de substitution aux emplois publics et associatifs) et même l’engager dans des conflits meurtriers ;

aggrave la traque des migrants chassés de leurs pays par les interventions et le pillage des grandes puissances capitalistes.

Et il faudrait attendre 2022 ?

Non, c’est maintenant, c’est tout de suite, qu’il faut arrêter le bras destructeur de ce gouvernement, zélé serviteur des plans de l’Union européenne et de la Banque centrale européenne !

C’est maintenant que Macron doit être chassé, et avec lui son gouvernement et sa politique !

C’est un fait : « en bas », dans tout le pays, pas un jour ne passe sans que des grèves et des manifestations se dressent, par centaines, contre les fermetures de classe dans les écoles, contre les fermetures de lit et de services dans les hôpitaux, contre les licenciements, contre l’asphyxie des petits paysans…

C’est un fait, « en haut », les dirigeants des organisations ouvrières persistent à participer aux « concertations » et autres « dialogues sociaux » par lesquels le gouvernement veut les associer aux contre- réformes destructrices.

Continuer ainsi, ce serait laisser les mains libres à Macron qui est prêt à tout détruire.

C’est un fait : que les organisations qui se réclament du mouvement ouvrier et démocratique rompent avec le gouvernement Macron et les institutions de la Ve République, qu’elles appellent à la mobilisation unie pour bloquer le gouvernement Macron, des millions descendront dans la rue, et Macron devra reculer !

Le POID n’a pas d’intérêts distincts de ceux de tous les travailleurs. C’est pourquoi il soutient l’appel lancé par le Mouvement pour la rupture avec l’Union européenne et la Ve République à une manifestation nationale le 13 mai, à Paris, pour l’unité pour chasser Macron, son gouvernement, sa politique.

Le POID se fixe d’aider à la constitution d’un gouvernement au seul service des travailleurs. Un gouvernement qui inscrit dans son programme le retour à un Code du travail qui protège les droits ouvriers, l’interdiction des plans de licenciement, le retour à des hôpitaux qui soignent, le retour à la Sécurité sociale de 1945 qui protège contre les aléas de la vie, le retour à une école qui instruise, à des services publics qui répondent aux besoins de la population, aux monopoles d’État de la SNCF, de La Poste, d’EDF-GDF, un gouvernement qui engage un programme massif de construction de logements à bon marché …

Le POID se prononce pour un gouvernement qui, dans ce but, n’hésite pas à rompre avec le carcan des traités européens, et notamment les critères de Maastricht et le « pacte de stabilité-pacte d’austérité » qui en découle. Le POID se prononce pour l’Assemblée constituante souveraine par laquelle le peuple, balayant les institutions antidémocratiques de la Ve République, instaurera une authentique démocratie dont il définira lui-même la forme et le contenu.

Cette position, le POID n’en fait pas une condition pour l’action commune.

Car il y a un préalable à tout : Macron doit partir, maintenant, tout de suite !

Unité pour chasser Macron !

Le bureau national du POID Paris, le 17 février 2018

Adopté à l’unanimité

Annexe 2 

L’édito de l’Anarcho-syndicaliste :

LES ARBRES EMPÊCHENT DE VOIR LA FORÊT…

«Avec la masse des données disponibles, l’information se raréfie»; c’est une affirmation qui se confirme pleinement aujourd’hui. La formulation est moderne mais le principe est ancien, dit autrement: «les arbres empêchent de voir la forêt». Le gouvernement relayé servilement par les médias, les commentateurs assènent chaque jour des coups de boutoir à l’état social modèle 1945, avec des effets d’annonce permanents.

Le langage est construit pour maquiller toute la réalité. Ainsi, les baisses de cotisations sociales sont-elles présentées comme une chance pour les salariés, par l’augmentation du salaire net de cinq euros par mois pour un smicard à temps plein. On assèche la Sécurité Sociale, donc l’accès aux soins, et l’on se félicite d’un bonus de cinq euros!

Et pourtant, le cadre est bien connu et il est publiquement annoncé. Bien entendu, il ne fait pas la une du «20 heures», mais aucun responsable politique ou syndical ne peut l’ignorer:

– Luca VISENTI, Secrétaire de la Confédération européenne des syndicats (C.E.S.) a réagi, ainsi, au train des mesures pour «approfondir l’union économique et monétaire», publié par la Commission européenne, le 31 mai 2017: «L’union économique et monétaire a vraiment besoin d’une gouvernance renforcée et plus cohérente, et de moyens pour assurer l’avenir à long terme de l’Euro. Le train de mesures présenté par la Commission européenne est important et les États membres doivent trouver le courage politique pour prendre les décisions qui s’imposent. Les changements proposés ne vont certainement pas trop loin mais les dates de leur mise en œuvre doivent être avancés»,

– et Katja LEHTO-KOMULAINEN, secrétaire adjointe de la C.E.S., d’ajouter: «Nous pensons que des règles budgétaires équilibrées, s’accompagnant d’une plus grande flexibilité, devraient être traduites en droit de l’Union afin de stimuler des investissements bien nécessaires».

Il s’agit, de la part de la C.E.S., d’un accompagnement à la déréglementation généralisée, à la casse de toutes les protections collectives des travailleurs de l’Union européenne. Et oui, cohérence oblige, la C.E.S. est favorable aux ordonnances Macron, favorable à la remise en cause du régime d’assurance chômage, à la casse des régimes de retraite, à la remise en cause des dispositifs de formation professionnelle et donc favorable à la destruction des organisations syndicales qui veulent résister.

Et elle est bien silencieuse face aux restrictions majeures apportées au droit de grève en Grèce: la loi, votée en janvier, par le parlement, impose l’accord de 50% des salariés syndiqués pour déclencher une grève…au lieu de 20% auparavant…!

Mais il vrai que la C.E.S. bénéficie de dizaines de millions d’euros de la Commission européenne pour soutenir les actions menées par l’U.E., et notamment, pour financer des actions des syndicats membres (dont la Confédération FO, depuis 2007…) afin de «renforcer la capacité des organisations de travailleurs pour proposer – au niveau de l’UE – des changements dans l’emploi, le travail et le dialogue social liés aux défis tels que: moderniser le marché du travail, la qualité du travail, l’anticipation, la préparation et le management du changement et des restructurations, le verdissement de l’économie, la flexisécurité, la mobilité des compétences au sein de l’UE, l’immigration, l’emploi des jeunes, la sécurité et la santé au travail, la modernisation des systèmes de protection sociale…».

Monsieur Macron sait qu’il peut compter sur les dirigeants des grandes organisations syndicales qui, de manières différentes, valident cette politique qui a pour objectif la consolidation de l’Euro par une politique monétaire donnant la primauté absolue du capital sur le travail.

Aussi est-il inutile de se poser la question: Quelle mouche a donc piqué celui ou celle qui soutient les ordonnances, directement ou indirectement? La réponse est: il ou elle applique les directives de la C.E.S., subsidiairement liée à la politique engagée depuis le traité de Maastricht, en 1992,

Une cohérence et une fidélité totale à l’école de Jacques Delors et Edmond Maire.

Dans ce contexte, un constat s’impose:

1. La gestion paritaire est devenue une chimère. Macron consulte, concerte, choisit et tranche en réduisant les droits collectifs des salariés et appelle à de nouvelles solidarités individuelles entre citoyens.

2. Aujourd’hui, présenter le maintien des dispositifs de signatures d’accords de branche ou d’entreprise, comme une garantie pour les salariés, est un leurre puisque ces signatures permettent la conclusion d’accords inférieurs aux dispositions légales et conventionnelles; ce qui tranche bien sûr énormément par rapport aux dispositions antérieures où aucun accord ne pouvait déroger à  la norme supérieure de la convention collective et de la loi.

Aussi, déclarer, comme le fait le Secrétaire Général de la Confédération FO, que «l’articulation de la négociation collective entre la loi, la branche et l’entreprise était un des dossiers importants», qu’il s’agissait pour FO «d’empêcher une généralisation de l’inversion de la hiérarchie des normes enclenchée, sur le temps de travail, par la loi dite El Khomri» et présenter le texte des ordonnances comme une «victoire des ni partisans ni complaisants mais déterminés pour les droits des salariés» est une présentation fallacieuse, car les possibilités de déroger sont extrêmement importantes sur les thèmes, mais également sur le contournement des organisations syndicales.

Les propos de Frédéric Souillot, secrétaire confédéral FO, lors de la conférence pour le développement syndical, doivent être compris dans ce contexte. Abordant le Comité social et économique qui remplace désormais les D.P., le C.E., le C.H.S.C.T. ainsi que la D.U.P., il déclare: «il va falloir anticiper cette fusion des instances»…. «mises en place par les lois Auroux dont nous avons demandé l’abrogation pendant 25 ans» (voir l’article «Assise pour faire du développement syndical la priorité» sur le site force-ouvriere.fr)

Autrement dit: «Merci Monsieur Macron, avec vos ordonnances, une revendication de FO est satisfaite!» …

«Concertation… acceptation… anticipation…», on est loin d’un syndicalisme revendicatif! Mais, pire, ce secrétaire confédéral oublie que les lois Auroux portaient sur:

– l’interdiction des discriminations (4 août 1982),

– l’instauration de la Négociation Annuelle Obligatoire (13 novembre 1982),

– la dotation minimale de fonctionnement de 0,2% de la masse salariale brute au C.E. (28 octobre 1982),

– la création du C.H.S.C.T. remplaçant le Comité d’hygiène-sécurité et la Commission des amélioration des conditions de travail (28 décembre 1982),

– l’instauration du droit de retrait en cas de danger grave et imminent (28 décembre 1982),

– et enfin, les volets que FO a condamnés: la citoyenneté dans l’entreprise, la démocratie dans l’entreprise, la création d’un droit d’expression des salariés sur les conditions de travail, ainsi que la possibilité de déroger, par accords d’entreprise, aux dispositions plus favorables des conventions collectives et accords de branche concernant les clauses salariales (4 août 1982).

Faire croire que les ordonnances Macron supprimant notamment les D.P., le C.E., la D.U.P. et le C.H.S.C.T. ne sont pas si préjudiciables aux salariés, c’est de la désinformation pure et simple, c’est la marque de la complicité avec le gouvernement contre les salariés et les syndicats,

Que dire de plus? La messe est dite!

La classe ouvrière, les militants syndicalistes n’acceptent pas cette régression sociale.
Le débat est ouvert pour préparer les résolutions nécessaires à l’action.

Marc HÉBERT.

Annexe 3 

Le billet de Michael Wamen :

NOUS ALLONS PROPOSER UNE ÉBAUCHE DE FEUILLE DE ROUTE …..

Mickael Wamen

Il y des moments où il faut prendre ses responsabilités, le front social qui regroupe des composantes du mouvement social, depuis le début ne cesse de proposer des tables rondes pour réussir à mettre toutes les structures du mouvement social autour d’une table afin de discuter et élaborer un plan d’action pour mettre un terme à la guerre qui nous est faite par le serviteur de la finance….

Depuis le début, TOUTES les structures ont de bonnes excuses pour soit ne pas venir ou alors siéger juste en observateurs car pas de mandat pour discuter !!!!

Pas un seul n’est favorable à la création pourtant vitale du tous ensemble, si, bien évidement ils le sont dans les écrits et les déclarations mais dans les faits dès que nous proposons c’est la fuite en avant, et qu’elles en ont les raisons ???

Il y a sûrement le fait de ne pas venir discuter en laissant de côté ce qui peut opposer, puis le syndrome du  » c’est moi le plus fort » et puis certainement aussi des causes moins avouables ….

Nous allons donc une énième fois proposer une réunion. Avec cette fois ci l’écriture d’un projet de feuille de route, pourquoi ???

Croyons nous que 68 mouvements dispersés rien qu’en février vont permettre de mettre un terme à la catastrophe actuelle ???

De même, en mars des journées diverses sont déjà annoncées, retraités, ehpad, cheminots …. pourquoi ne pas réunir toutes ces causes qui ont le même dénominateur ???

Et puis, le 22 sera sûrement une journée nationale mais uniquement autour de l’avenir du rail ????

Et après on fait quoi, on retourne chacune et chacun dans notre merde quotidienne ??

Il n’y a pas un seul morceau de notre statut social qui ne va pas être broyé …..

La seule façon de stopper le drame social actuel, c’est de proposer une feuille de route, sortir du pseudo dialogue social et appeler à un mouvement national …..

Bien sûr, certains vont encore dire et redire il n’y a pas de bouton magique, le fameux y a qu’à faut qu’on .

La réalité est que le rôle des structures est de structurer, de proposer, d’arrêter de discuter avec nos bourreaux…

Et on va nous dire et si cela ne fonctionne pas ???

Nous répondons … : Et alors qu’avons nous à perdre, avons nous peur que cela prenne ???

Si toutes les structures qui parlent du mouvement social, faisaient le Boulot en s’unissant le résultat serait et c’est une évidence largement supérieur à ce qu’il est aujourd’hui ….

La grève générale ne s’invente pas dirons encore certains, certes c’est une réalité, mais appeler chacune des fédérations à des dates différentes cela ne changera rien sur le fond, le ROI avance et à un rythme très soutenu .

Énormément de personnes sont très en colère contre tous les injustices, il est donc du DEVOIR des acteurs du mouvement social de se bouger le cul et d’arrêter de faire semblant ..

Nous allons d’ici peu proposer une vraie feuille de route, nous ferons avec ou sans eux, nous devons prendre nos responsabilités, les militants de tous bords en on ras le bol, nous les premiers, nous venons de diverses structures et nous avons un point commun, l’envie de gagner contre la finance et un ennemi commun le capitalisme qui veut nous détruire, le reste n’est que futilité, pas de lutte des Places mais celle des classes ….

Les excuses pour ne pas faire c’est terminé, nous n’avons plus le luxe d’attendre …..

AGIR NE PLUS SUBIR !!!!

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Publié dans France, Mouvement ouvrier | Laisser un commentaire

Macron-Philippe-Blanquer engagent la guerre de mouvement.

Après avoir fait passer ses ordonnances contre le droit du travail, qui forment un tout avec la loi El Khomri, l’exécutif, qui sait que les relations sociales sur le terrain n’ont pas encore été détruites en profondeur, et qui sait que le temps lui est compté, engage la guerre de mouvement contre les droits sociaux et démocratiques dans de nombreux domaines.

Le programme général est connu. Contrairement à ce qu’on nous serine, ce ne sont pas les « promesses présidentielles d’Emmanuel Macron ». C’est le contenu des cartons des bureaux d’étude et de conseil du capital financier, et des cabinets ministériels, parfaitement connus depuis des années. Le sieur Blanquer est à cet égard emblématique, lui qui sort tout droit d’un tiroir ministériel dans lequel tous les exécutifs précédents, Hollande comme Sarkozy, puisèrent. Dans le cadre de ce programme général, qui vise à casser le droit du travail, la protection sociale et la fonction publique, pour obtenir ainsi une hausse brutale du taux d’exploitation du salariat, les cibles immédiates de la guerre de mouvement que veut engager le gouvernement sont la jeunesse et les salariés à statut (fonctionnaires, hospitaliers, cheminots).

Première cible, la jeunesse, qui ne doit avoir d’autre avenir que l’enchaînement des petits boulots exploitant un maxima de compétences pour un minima de salaire. La réforme du Bac annoncée par Blanquer le 14 février reprend l’essentiel du rapport Mathiot. Rideau de fumée : là où ce rapport annonçait le remplacement des trois voies du lycée général (S,ES et L) par 9 filières, le ministre annonce un nombre gigantesque de « parcours » possibles par la combinaison de 2 « disciplines de spécialités » sur 11. Mais chacun aura compris que la plupart des combinaisons ne se trouveront pas dans les lycées situés à proximité de chez vous et que quelques unes seulement seront « gagnantes » (« Nous estimons qu’il y a entre 5 et 10 doublettes qui sont incontournables et qui seront proposées dans l’ensemble des établissements. » déclare un gradé du ministère).

Il s’agit de transformer le lycée en plate-forme de tri où chaque heure de cours devient un « investissement » dans la compétition de tous contre tous. Le Bac comporterait 60% de sa notation formée par 5 épreuves encore nationales, dont un « oral » de 20 minutes à forte tonalité idéologique, 30% de contrôle continu organisé dans chaque établissement à partir d’une « banque » (sic) de sujets ministériels, et 10% venant des bulletins scolaires. Ce serait donc un Bac local, de tel ou tel établissement. Cette compétition a commencé avec Parcoursup, tri sélectif à l’entrée des universités.

Simultanément, le gouvernement veut imposer l’apprentissage dans tous les lycées professionnels, le prolonger jusqu’à 30 ans et accentuer l’exploitation. Relevons ces propos cyniques qui se veulent plein du bon sens de l’exploiteur sans scrupule : [cette réforme] permet à l’apprenti de travailler dans les mêmes conditions que ceux qui travaillent dans l’entreprise parce qu’honnêtement [honnêtement !!!] l’hypothèse selon laquelle l’apprenti boulanger ne peut pas apprendre à commencer à faire le pain parce qu’il n’a pas le droit de commencer à travailler assez tôt, ça n’a pas de sens. » Ce qui a du « sens » pour M. Philippe, auteur de ces propos, c’est l’exploitation sans limites.

Pendant qu’une partie, a priori majoritaire, de la jeunesse, roulera pendant 6 années (trois avant le Bac, trois après) en tachant de passer entre les lignes de la sélection et des Bacs locaux, et qu’une autre partie sera soumise à l’alternance apprentissage-sas d’attente, tous se retrouveraient pour un « service national » de 3 à 6 mois visant à leur enseigner les joies du bénévolat, de l’obéissance et de la récitation du catéchisme « citoyen » à la sauce « en marche ».

Quant aux plus petits, ils ne sont pas oubliés. C’est une campagne de destruction des écoles rurales, de beaucoup de classes en zones urbaines aussi, et tout particulièrement des écoles maternelles, qui s’abat en ce moment même sur le pays et suscite des mouvements populaires de résistance partout.

L’argument diviseur, selon lequel tout cela vise à financer, par des fermetures, les dédoublements en zones d’éducation prioritaire, ne tient pas. D’une part, ces dédoublements sont loin de compenser, par les postes qu’ils nécessitent, ceux qui sont supprimés ; eux-mêmes se font souvent à moyens constants (par exemple, dans une même école les personnels sont sommés d’entasser les enfants en cours moyen pour pouvoir « déboubler » les cours préparatoires !), et leur bénéfice est fort douteux. On ne déshabille même pas Pierre pour habiller Paul, selon la formule consacrée : on tente de justifier la casse générale de l’école primaire publique par la médiatisation éhontée d’une mesure artificielle qui ne règle rien par elle-même.

Seconde cible immédiate, le salariat à statut. Qui veut casser le lycée et l’école doit casser le statut des personnels notamment enseignants, qui veut casser l’hôpital et la maternité doit casser le statut de la fonction publique hospitalière, qui veut fermer gares et voies ferrées doit casser le statut des cheminots.

Darmanin, ministre sarkozyste, non de la Fonction publique, mais « de l’Action et des comptes publics » (sic), poursuivi par plusieurs affaires d’abus de pouvoir, a donné le cadre général : sous couvert de « plan de départs volontaires » de fonctionnaires il s’agit de pouvoir licencier les fonctionnaires et les remplacer par des contractuels … et des « services civiques ».

Bien entendu, de même que les médias nous ont soudain annoncé que M. Blanquer était le plus populaire de tous les ministres du monde, et que les sondages montreraient que les fonctionnaires désirent plus que toute chose pouvoir devenir des contractuels précaires, une campagne sur les « privilèges » des cheminots est orchestrée. Le statut des cheminots a historiquement un fondement très simple : faire que les trains arrivent à l’heure, ce qui n’est pas possible dans le cadre de la seule concurrence soi-disant « libre et non faussée » comme la dégradation du service public ferroviaire le montre à tous depuis plusieurs années déjà.

Conséquence de tout cela d’ores et déjà en train de se produire, la baisse des revenus réels de la majorité des salariés de ce pays.

C’est le vrai sujet de bien des conversations. Il y a pourtant reprise économique conjoncturelle. Le taux officiel du chômage, certes sous-évalué, est repassé sous les 9% (proportion déjà élevée par elle-même) pour la première fois depuis 2009. Macron n’y est pour rien (il a plutôt contré cette tendance par le licenciement des contrats aidés). Mais cette conjoncture, ainsi que les mesures de baisse du salaire brut en matière de cotisations sociales, devrait susciter un climat de hausse des salaires, dont le signal a d’ailleurs été envoyé outre-Rhin. Or les feuilles de paie, quand il y a feuilles de paie, stagnent ou baissent, tandis que les prix montent. Les retraités notamment, sont durement frappés via la CSG, ce qui par contrecoup touche toutes les générations souvent aidées par les anciens.

Macron espérait, après avoir fait passer ses ordonnances, pouvoir compter sur la baisse des cotisations sociales pour que se multiplient les accords d’entreprises faisant passer un léger gain du salaire net pour une hausse du salaire réel : c’est très loin d’être le cas.

La conjoncture économique présente est très fragile. S’il y a une reprise cyclique inévitable, celle-ci est surplombée par l’épée de Damoclès de la bulle financière, comme ces dernières semaines l’ont montré sur les bourses.

Et, au niveau européen, le 4 mars prochain, se dérouleront les élections législatives italiennes, qui vont probablement ouvrir une crise politique en Italie alors même que la crise allemande n’est pas terminée, puisqu’il s’avère très difficile, malgré la servilité de ses dirigeants, de mettre à nouveau le SPD en coalition gouvernementale avec Merkel. Le temps est donc compté pour Macron.

Corollaire nécessaire de cette attaque globale, la mise en cause des libertés démocratiques.

Le recul de l’exécutif sur Notre-Dame des Landes venait du rapport de force démocratique : un écrasement militaire de la zone occupée n’était pas une impossibilité technique, mais politique, en raison du risque d’indignation et de mobilisation générale qu’il aurait provoqué.

Ce rapport de force persistant avec la société, représente ce avec quoi Macron est désireux d’en finir. La violence gouvernementale s’abat d’abord sur les couches les plus faibles : les réfugiés. Elle s’affirme dans les projets d’atteinte aux libertés fondamentales sous couvert d’éviter les « fake news », et dans l’ensemble des rodomontades du ministre « socialiste-national » de l’Intérieur, l’équivoque et inquiétant M. Collomb, comme dans la réaffirmation de l’approche bêtifiante et punitive, comportementaliste, du problème social global qu’est la question de la sécurité routière, à travers l’annonce, à juste titre impopulaire – et il ne s’agit nullement de démagogie ! – de la limitation de la vitesse maxima à 80 km à l’heure précisément là où rouler à 90 ne comportait pas de dangers.

D’ores et déjà, le régime de la V° République fonctionne de fait sans parlement. Cette assemblée naviguant entre incompétence proclamée et analphabétisme revendiqué, après avoir voté les ordonnances, laisse passer l’annonce par l’exécutif d’un train abondant de contre-réformes, dont celle contre le droit aux études, dite de « Parcoursup », est appliquée par la caste des présidents d’université avant le vote de toute loi par l’Assemblée nationale.

Nous sommes d’ores et déjà, sur le plan institutionnel, passés de « l’autre côté ». Mais cette situation est très dangereuse pour l’exécutif qui n’a pas d’assise solide sur l’ensemble du territoire et se trouve plus que jamais « hors sol ».

Macron veut une V° République sans « page 2 du Canard Enchaîné » : voila qui donne la mesure exacte, à la fois policière et picrocholine, de la rénovation des institutions à laquelle il veut s’adonner, « en même temps » « girondine » par les pouvoirs destructifs qu’il veut conférer aux régions (et tester en Corse !), et bonapartiste par le renforcement d’un exécutif plus monarchique et versaillais qu’en 1959 …

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États-Unis, Russie, Turquie, Iran, Israël … se font la guerre en tuant des Syriens et des Kurdes.

 

La prise d’Alep Est fin 2016, puis les accords prétendus de cessez-le-feu organisant l’isolement et l’écrasement des zones syriennes insurgées, ont ouvert une nouvelle phase en Syrie, celle de la contre-révolution en marche, sur la base de la défaite des insurgés à Alep, qui a retourné le rapport de force au détriment de tous les opprimés de la région, Kurdes compris.

Dans cette situation, l’utilité contre-révolutionnaire de Daesh s’est effondrée, ayant joué son rôle, et la reprise des principales villes tenues par Daesh, avec les combattants kurdes du PYD au premier rang sous supervision étatsunienne, s’est effectuée.

Officiellement c’est « la fin de la guerre civile ». Défense de rire s’il y avait matière à rire …

La « fin de la guerre civile » consistait officiellement dans la « désescalade » fondée à la fois sur des accords Moscou-Téhéran-Ankara et sur une résolution unanime du conseil de sécurité de l’ONU de décembre 2015, avec des « négociations de paix » parallèles et rivales à Genève, sous l’égide américano-européenne, et à Astana puis Sotchi sous l’égide russe.

La « fin de la guerre civile » a en réalité signifié pour les centaines de milliers d’habitants des zones insurgées de la Ghouta et d’Idlib, seuls secteurs du pays à ne pas être sous la tutelle d’un appareil militaro-policier, religieux ou non, et où la population insurgée et réfugiée peut encore s’organiser et peser : le siège, la famine, l’empoisonnement de l’eau, les bombardements, les gaz officiellement interdits, depuis des mois et des mois.

La Ghouta n’est pas un « bastion islamiste » : grande banlieue Est de Damas, vieil espace de jardins, c’est aujourd’hui le foyer du prolétariat syrien, d’une population qui résiste et tente de vivre depuis maintenant 7 ans, sur laquelle se resserre l’étau de la famine, des gaz asphyxiants, des hôpitaux bombardés, de la torture et des viols. Toute défense des espoirs de démocratie et de la volonté de libération des peuples qui ne repose pas sur la défense de la Ghouta, y compris la défense des Kurdes, est au mieux illusoire, au pire mensongère.

La « fin de la guerre civile » veut donc dire permettre à Bachar de finir le massacre de la population des zones insurgées et l’envoi à l’exil de plusieurs centaines de milliers de réfugiés encore.

Mais les dernières semaines ont encore montré une chose : la « fin de la guerre civile » n’est pas la fin de la guerre. D’une certaine façon, la « fin de la guerre civile » en est … le commencement.

Trois développements récents le montrent et par eux-mêmes, du coup, modifient la situation.

Premièrement, l’intervention de l’armée turque contre la zone kurde d’Afrin, contrôlée par le PYD. La cause immédiate de cette intervention est la décision nord-américaine de constituer, avec les FDS (Forces Démocratiques Syriennes, dont le PYD est la principale composante), une « Force de sécurité aux frontières » de 30 000 hommes, conformément à un plan qui est connu depuis le début du mandat de Trump. Le refus de la direction du PKK et du PYD de s’appuyer sur la population les a conduits à cette impasse : l’instrumentalisation par l’impérialisme nord-américain, dont ils ont constitué, dans la période comprise entre la chute d’Alep et aujourd’hui, le principal relais en Syrie. La cause profonde de l’agression turque est interne : il s’agit de continuer à écraser toute opposition en Turquie en jouant l’unité nationale contre la nation kurde opprimée. Cette intervention se fait donc directement contre la zone d’influence US, alors que la Turquie est toujours membre de l’OTAN. Elle n’a pas eu l’aval russe, mais Poutine n’a pas non plus brandi d’interdit, probablement pour punir le PYD de ses liens croissants avec Washington et d’avoir, comme l’opposition syrienne, fini par boycotter les pseudo « négociations » de Sotchi.

L’armée turque a entraîné avec elle un secteur de la rébellion syrienne basé à Idlib, à la fois désespéré et acheté. Mais sa progression s’est avérée plus difficile que prévue par Erdogan. Le 19 février, un mois après le début de l’offensive, les milices du PYD et le pouvoir de Bachar ont rendu officiel un accord militaire aux fortes répercussions politiques : l’armée du régime syrien reprend position à Afrin, qui, en guise de combat contre l’envahisseur turc, lui est rendu par le PYD. Retour à la case départ ?

Rappelons en effet que contrairement à ce que s’imaginent les supporters d’extrême-gauche du « Rojava » (formé des zones kurdes d’Afrin et de la Djézireh), jamais aucune insurrection populaire n’y a porté au pouvoir l’appareil du PKK-PYD : c’est Bachar qui lui a concédé le contrôle de ces secteurs en 2012, lui permettant d’écraser immédiatement les éléments d’auto-organisation populaire kurdes ou arabes. Le « confédéralisme démocratique » n’est pas une commune libertaire, c’est une idéologie qui permet de mettre au rancard l’exigence démocratique et nationale d’un État kurde unifié, menaçant tous les États de la région, afin de pouvoir négocier et marchander les zones d’influence avec chacun. Ceci n’enlève rien à la valeur universelle d’avoir organisé et armé des femmes, kurdes, arabes et yézidis, contre Daesh, mais à son tour ce fait ne change pas la vérité qui doit être dite. L’écrasement des zones insurgées, écrasement que le PYD n’a pas combattu et a parfois favorisé, permet aujourd’hui à Bachar, au motif de l’invasion turque, de commencer à reprendre le contrôle direct d’Afrin. Et, entre Bachar et Erdogan, les émissaires US vont arbitrer, ou pas …

Afrin doit être soutenu contre Erdogan, mais tout ce qui a conduit à cette situation porte une leçon terrible : inutile de soutenir Afrin si on ne soutient pas aussi la Ghouta et Idlib contre Assad, car les défaites du peuple syrien se sont toutes retournées contre les Kurdes aussi, quoi que racontent le PYD et ses thuriféraires. Prétendre défendre Afrin en refusant de défendre la Ghouta est une pure et simple escroquerie.

Deuxièmement, le 7 février dernier, l’aviation des États-Unis a stoppé net une tentative d’infiltration à l’Est de l’Euphrate menée par l’armée syrienne ou des supplétifs de celle-ci, non loin de Deir Ez-Zor et de champs pétrolifères passés sous le contrôle des FDS et du PYD sous supervision US depuis la défaite de Daesh, faisant plus d’une centaine de morts.

C’est probablement là le plus gros choc direct entre forces US et armée « syrienne » depuis 2011, plus important en tout cas que l’égratignure faite à Bachar par Trump, à destination de Poutine, début avril 2017. Les États-Unis ont signifié qu’ils ne veulent pas que Bachar empiète sur la zone reprise à Daesh, (auparavant conquise par Daesh contre la révolution syrienne), située à l’Est de l’Euphrate. Si l’impérialisme nord-américain est disposé à négocier sur Afrin dans le dos du PYD et à plus forte raison dans le dos des populations, il ne l’est pas en ce qui concerne l’ensemble des régions situées au Nord et à l’Est de l’Euphrate. Pourquoi ?

Parce que l’Iran s’affirme de plus en plus comme un impérialisme régional construisant une zone sous sa tutelle qui présente maintenant, par delà sa diversité, une continuité territoriale allant jusqu’à la Méditerranée. Le gouvernement irakien a reçu Mossoul de la coalition dite « anti-Daesh » et a pris Kirkouk aux forces kurdes tenant le Nord de l’Irak. Il reste dominé par des courants chiites bourgeois conservateurs, soumis aux pressions des États-Unis et de l’Iran. La prise d’Abu Kamal, ville frontalière bloquant la progression des FDS au Sud de l’Euphrate, par l’armée de Bachar aidée du Hezbollah, le 19 novembre dernier, a établi la fameuse « continuité » entre zones gouvernementales chiites irakiennes et zone du régime syrien, prolongée à l’ouest par le poids du Hezbollah au Liban, où Arabie saoudite et Iran s’affrontent indirectement comme l’ont montrées les péripéties arrivées récemment à son premier ministre.

Par un beau paradoxe, les zones les moins mal clientélisées par l’impérialisme nord-américain sur l’ensemble des territoires syrien et irakien s’avèrent être, aujourd’hui, les zones kurdes en Irak et en Syrie, cette dernière tenue par une organisation ci-devant « marxiste-léniniste » figurant sur la liste noire US des groupes terroristes – on peut mesurer ceci à l’aune des ambitions des anciens présidents Bush père et fils !

Troisièmement, peu après, le 10 février, la pénétration d’un drone iranien dans l’espace aérien israélien a provoqué un raid aérien israélien sur sa base de lancement, suivi de la destruction d’un avion F16 israélien qui s’est écrasé en Israël, et d’attaques aériennes israéliennes sur une douzaine de sites autour de Damas.

Un « incident » aussi grave est un lourd échec politique pour Netanyahou, qui a sans le dire soutenu le régime sanguinaire de Bachar comme facteur d’ordre à ses yeux, engagé une « relation personnelle » avec Poutine, et piétiné toujours plus les droits nationaux et démocratiques des Palestiniens. Cette politique était censée concourir à la sécurité des Israéliens. Il s’avère qu’elle a de facto favorisé le sauvetage et l’infiltration massives du régime et de l’armée baathistes syriens par l’Iran.

Cet incident témoigne aussi d’un activisme iranien croissant, qui doit être relié à la brève mais très profonde explosion sociale pré-révolutionnaire que vient de connaître l’Iran. Mort au Hezbollah a été, pendant ces quelques semaines, un mot d’ordre de manifestations populaires, composées de jeunes chômeurs, de déshérités et de travailleurs.

Les frontières d’origine coloniale sont donc à nouveau mises en cause, par delà le passage du « califat » de Daesh et malgré le refus de les contester des directions nationales kurdes, celles issues du PKK comme celles des partis bourgeois kurdes irakiens. Elles le sont par la dynamique même qu’induisent une intervention turque aux relents ottomans dans le Nord-Ouest, une semi-continuité de zones chiites à influence iranienne passant à son tour par dessus la frontière syro-irakienne dans le désert au Sud de l’Euphrate, et une déstabilisation des zones frontalières avec le Liban, Israël et le Golan.

Le spectre de la guerre, régionale voire entre puissances impérialistes, n’a pas été du tout éloigné par l’écrasement des foyers révolutionnaires syriens, bien au contraire.

Ce ne sont ni Netanyahou, ni Trump, ni le prince héritier saoudien, qui débarrasseront la région du Hezbollah, des séides de Bachar, des créatures de Khamenei et de leurs tortionnaires. Eux ne porteront, comme Poutine et leurs rivaux impérialistes, que la guerre et la barbarie sanglante.

C’est la défense de la Ghouta, de ses 400 000 habitants, contre l’écrasement contre-révolutionnaire et barbare par Bachar et le Hezbollah, qui constitue la tache la plus réellement urgente, pour la Syrie, pour Afrin, pour les Kurdes, pour la paix.

Les éventuels affrontements entre armée syrienne et armée turque permis par le PYD et les États-Unis dans la région d’Afrin auront pour première fonction de voiler le massacre qui se prépare dans la Ghouta.

Voila une réalité qui permet de mesurer exactement l’état de l’internationalisme aujourd’hui … Mais sa reconstruction passe par la saisie de la vérité, toute la vérité.

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Débats pour une issue politique : bilan d’étape (18-02-2018)

Sous le titre Préparer politiquement l’affrontement pour en découdre avec Macron le site APLS relançait une discussion commencée lors de la première rencontre nationale que nous avions eu avec d’autres camarades cet automne. Nous notions l’évolution du climat social (gardiens de prison, EHPAD, mobilisations sur le Bac et sur les fermetures de classe) et estimions que nous ne sommes ni en 1959, ni en 1968, que rien n’est joué et que la question est politique, mais qu’il y a danger car Macron veut, et doit car il n’a guère le choix, passer à la guerre de mouvement. Ceci nous conduisait à soutenir à la fois deux initiatives indépendantes l’une de l’autre, celle de l’appel « reconstruire la gauche » adopté à la réunion tenue fin janvier autour de la Gauche Démocratique et Sociale, et l’appel à une manifestation nationale le 13 mai prochain lancé par le « Mouvement pour la rupture » impulsé principalement par le POID.

Rappelons notre conclusion :

Nous proposons donc une nouvelle réunion nationale de discussion, non pour créer une structure supplémentaire, mais pour inviter les uns et les autres à une discussion politique approfondie sur la question suivante : Comment aller le plus vite possible vers une fédération large affirmant qu’il faut en découdre, sur le terrain social, avec Macron et posant les jalons d’une alternative politique ?

Notons que, sur les réseaux sociaux, notre soutien à l’initiative du 13 mai a suscité deux types de critiques de la part de militants qui se posent eux-mêmes les mêmes questions que nous tous.

L’une de ces critiques consiste à déplorer le fait que ce soit une initiative semblant se situer dans une certaine tradition, celle de « mouvements écrans » en poupées russes, le « Mouvement pour la rupture » émanant surtout du POID lequel est lui-même composé principalement d’un courant qui se réclame du trotskysme. Pour nous il n’y a là rien à déplorer ni à approuver en soi : l’important nous semble être l’existence d’une telle initiative dans la situation présente, appelant à manifester Pour l’unité pour chasser le gouvernement Macron-Philippe.

Une autre critique porte sur le mot d’ordre de « rupture avec l’Union Européenne » susceptible de diviser, voire d’ouvrir la porte à des convergences avec des courants bourgeois « souverainistes ». Outre que, de la part du POID, ceci ne semble pas être le cas (comme cela l’a été de la part du POI avant leur scission en 2015), il nous semble aussi, et c’est ainsi que nous le souhaitons, que le thème principal de cette manifestation est bien « l’unité pour chasser Macron-Philippe ». L’ennemi principal est dans notre propre pays ; le Brexit a clairement montré que ni la défense des « institutions européennes », ni la sortir de l’État capitaliste existant de ces institutions, n’apporte de solution et ne stoppe la casse sociale.

En fait, nous avons là une question en partie similaire à celle de la très abstraite, ou susceptible de recouvrir tout ce que l’on veut, « VI° République », critiquée par Robert Duguet dans l’appel de la Gauche Démocratique et Sociale : il faut un contenu, démocratique et mobilisateur, à la rupture, qui en soit n’a pas de contenu.

Nous avons à ce sujet apporté une contribution sous la forme du texte sur la question européenne soumis à la conférence internationale du Workers International Network début janvier.

Ce contenu ne doit-il pas d’ailleurs commencer par une véritable constituante et l’organisation des comités de grève élus, intégrant les syndicats, des comités de défense des services publics et de lutte contre les fermetures de classes, d’écoles, d’établissement de santé et de gares, dans tout le pays ?

Robert Duguet, dont le blog rend compte de nombreuses initiatives et débats unitaires notamment dans le Val d’Yerres, a contribué à la discussion ainsi appelée par un texte signalant à juste titre le recul de Macron sur Notre-Dame-des-Landes et la situation en Allemagne parmi les ingrédients d’un tournant possible, partageant notre inquiétude sur le blitzkrieg que veut engager Macron, soulignant l’accentuation de la ligne « populiste » de division de la « France insoumise » précisément dans cette situation, partageant notre soutien aux deux initiatives de la GDS et du 13 mai.

Il propose pour conclure de commencer à combler la carence politique que nous ressentons dans une situation de plus en plus pressante par des collectifs démocratiques de citoyens qui posent la question de leur représentation, et donc d’institutions dont ils définiront eux-mêmes la forme et le contenu soit donc des collectifs pour une constituante souveraine afin que ceux-ci apportent une réponse en termes d’alternative politique au mouvement de l’entrée en lutte des salariés dont Robert, comme nous, semble penser, selon une vieille formule, que « un peu plus tôt, un peu plus tard », il se produira (non pas que les luttes ne soient pas déjà engagées, mais l’expression « entrée en lutte » exprime l’idée de l’entrée ouverte dans un mouvement d’ensemble affrontant l’exécutif).

Cette proposition de collectifs pour une constituante souveraine nous semble aller dans le sens de ce que nécessite la situation. Il est d’ailleurs important de reprendre ce thème qui fut galvaudé lors de la présidentielle. Il ne s’agit pas, Robert en est certainement d’accord, d’imprimer une forme unique aux nombreux collectifs existants, et plus encore aux comités de grève et comités populaires de défense des services publics lorsqu’ils vont se multiplier, mais d’imprimer une direction, une perspective, un débouché, pour que le mouvement social aille de l’avant en s’emparant des questions politiques. Ce ne sont pas Européennes de 2019 que nous préparons, c’est l’affrontement social, dans pas longtemps. Et c’est bien plus politique.

André Bellon, ancien député socialiste des Alpes-de-Haute-Provence et animateur de l’Association pour une constituante, https://www.pouruneconstituante.fr/spip.php?auteur1 a réagi positivement à cet article et la discussion doit s’engager.

Nous avons, en outre, considéré que nous devions publier la tribune de Jacques Chastaing, observateur avisé des luttes, grèves et conflits, et l’un des animateurs du Front social, intitulé Le régime de Macron est en train de craquer aux coutures. De manière un tantinet normande, nous partageons et ne partageons pas ce titre.

Nous le partageons, s’il signifie que rien n’est fait quant à l’entrée dans la chair et le sang de la vie quotidienne des ordonnances contre le code du travail et que c’est maintenant que les poussées opposées se confrontent de plus en plus, suscitant craintes et craquements dans l’exécutif. Le retour de drôles d’ « affaires », abus de faiblesse et de pouvoir autour du ministre sarkozyste de la destruction du statut des fonctionnaires, le sieur Darmanin, comme en direction de la potiche écolo de service Hulot, en est d’ailleurs un signe qui ne trompe pas.

Mais nous ne le partageons pas si cela veut dire que tout va nécessairement basculer. Oui, des affrontements globaux vont se nouer en mars. Mais il leur faut des perspectives. Jacques note que le signe le plus important est ce halo autour des grèves apparu notamment avec les EHPAD. Oui, mais c’est un signe politique : ce qui se cherche n’est pas en soi la « convergence des luttes », ce qui se cherche est LA grève, comme affrontement politique central des exploités contre les exploiteurs et leur État. Ce n’est pas en train d’éclater, c’est ce qui se cherche. Cette recherche n’a pas tant besoin de stimuli que de discussion politique démocratique allant s’élargissant.

Nous apprenons par ailleurs que les camarades de La Riposte viennent de tenir leur congrès. Ces camarades se sont maintenus sur le terrain du mouvement ouvrier, politique et syndical, au moment où d’autres cédaient aux sirènes « populistes » qui nous ont conduit où nous en sommes aujourd’hui. C’est avec intérêt que nous prendrons connaissance de leurs analyses.

Il faut donc que toutes ces discussions se poursuivent, parfois qu’elles éclosent, et se développent, rapidement et clairement.

C’est pourquoi nous proposons de fixer une date pour une rencontre nationale au plus tard début mai.

La rédaction, le 18-02-2018.

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Remarques sur la situation internationale.

 

Monde menaçant.

Demandez à un jeune aujourd’hui si l’avenir lui apparaît meilleur qu’au temps de ses parents, nul doute qu’il vous répondra non. Les raisons de craindre tant le contenu que la possibilité même d’un avenir s’accumulent sous un dénominateur commun : le capitalisme. Vous voulez des mauvaises nouvelles pour le souligner ? En voici trois.

Et d’une, les évènements climatiques alarmants des dernières années, et des derniers mois, qu’on ne compte plus.

Et de deux : la stratégie de défense nationale des Etats-Unis officialisée le 19 janvier dernier se rallie à la doctrine de la « guerre nucléaire limitée », sortant de la « dissuasion » pour envisager l’emploi banalisé des armes nucléaires et donner un signal de course aux armements partout.

Et de trois : la chute boursière depuis début février est de loin la plus grave depuis l’éclatement de la crise financière globale de 2008.

La question Trump relève de la lutte des classes.

Cette chute était attendue en raison de l’énormité des bulles spéculatives existantes, mais elle n’est pas sous contrôle. Elle se serait produite avec ou sans reprise conjoncturelle, et les craintes liées à cette reprise, telle que des hausses de salaires « inflationnistes », y participent. Elle souligne donc la situation d’impasse globale qui est celle du capital financier au plan mondial. Sa cause immédiate réside dans les énormes baisses d’impôts des riches sous Trump (qu’imite Macron) qui, en entraînant des emprunts d’Etat massifs et leur anticipation, produisent une remontée des taux obligataires.

L’adoption de sa réforme fiscale a été le premier succés politique intérieur notable de Trump. Depuis, la fraction républicaine du Congrès, en publiant une note contre le FBI, lui a permis de se prétendre victime d’une « chasse aux sorcières », engageant une course de vitesse avec les secteurs de l’appareil d’Etat US qui pourraient le mettre sur le grill, autour du procureur Mueller, ancien chef du FBI.

Résumons : la crise au sommet et à tous les niveaux de l’Etat US bat son plein mais le capitalisme nord-américain n’a aucune alternative à Trump, lequel incarne son instabilité et l’attise au niveau international (gesticulations sur la Corée, l’Iran, Jérusalem, le Mexique, etc.). La seule issue possible de cette crise terrible au sommet de la première puissance mondiale ne peut que venir des forces sociales qui, par leur résistance et leur mobilisation, en sont l’une des principales causes : celle des travailleurs et des opprimés de ce pays, alliés à ceux du monde entier.

Depuis 2001-2003 l’impérialisme nord-américain a tenté de se réaffirmer au niveau mondial, et a échoué sans que n’advienne aucune solution de remplacement pour l' »ordre mondial ». Depuis la crise de 2008 cet échec est patent. Les grèves du Wisconsin en 2011, Occupy Wall Street, Black lives matter et la vague Sanders subvertissant les primaires démocrates, d’une part, le Tea party puis la vague Trump subvertissant les primaires républicaines, en ont résulté. De quoi parlons-nous ? Pas de « géopolitique », mais de lutte des classes, à la fois dans chaque pays et mondialement. Les relations internationales n’existent pas autrement que sur ce fondement.

Trump a essuyé deux camouflets internationaux ces deux derniers mois.

Alors qu’il veut casser l’accord sur le nucléaire iranien et attise la fuite en avant du prince héritier saoudien, « MBM » (Mohamed Bel Salmane), comme celle de Netanyahou, une énorme vague de manifestations de pauvres, de jeunes, de retraités, combinée à une vague de grèves et à des actions de femmes jetant leurs voiles, a parcouru l’Iran, magistral coup de semonce menaçant son ennemi officiel favori.

Et, alors qu’il a passé un an à jouer à la provocation nucléaire avec Kim-Jong-Un, d’abord l’état-major US a fait savoir à mots couverts que tout ordre présidentiel à ce sujet ne serait pas forcément obéi, ensuite le tyran nord-coréen, plus habile que le grossier milliardaire, a tendu la main à la Corée du Sud, ce qui n’aurait pas été possible sans la défaite électorale de la droite oligarchique de ce pays, voici un an. Le peuple coréen, au Nord comme au Sud, ne veut aucune guerre et aspire à une réunification qui menace aussi bien Kim que Trump.

Ce dont nous avons besoin et le contre-exemple de la non-solidarité avec le peuple syrien.

La résistance sociale, les aspirations émancipatrices et démocratiques, sont les seules forces réellement capables de vaincre un Trump, un Poutine, un Xi Xinping, un Narendra Modi. Mais ceci requiert leur organisation, au niveau international. Souhaitons que le débat s’engage et suggérons une direction pour celui-ci : la difficulté, dans notre monde connecté, n’est pas tant d’établir liaisons et contacts, qui ne manquent pas et c’est tant mieux, que de dégager des perspectives apportant des réponses aux problèmes mondiaux susceptibles d’aider à rassembler et à peser. Or, l’internationalisme du XXI° siècle reste pour l’essentiel à construire alors que ce siècle est bien engagé, lui, et alors que les mouvements spontanés (et connectés ! ) sont déjà en avance sur lui.

Cette carence est illustrée pas loin de nous par un terrible contre-exemple dont les leçons doivent être tirées. En 2011, à l’unisson des manifestants de Tunis et du Caire, le peuple syrien se soulevait pour la démocratie, contre la hogra, et se heurtait à la répression par les armes, la torture et les viols. La solidarité internationale ne s’est pas imposée. N’ayant pu, faute d’armes, renverser le régime, l’insurrection a évolué en guerre civile ayant libéré plusieurs parties du pays. Celles-ci subirent alors le siège, les bombardements, et les infiltrations islamistes. Rojava et Afrin abandonnés par le régime furent concédés au PYD kurde. A partir de l’échec des velléités d’intervention US à l’été 2013 se sont développées les deux interventions qui vont sauver le régime : celle de Daesh, réactionnaire sur toute la ligne et servant de prétexte aux immixtions de toutes les puissances grandes et moyennes, et celle de la Russie s’affirmant comme puissance impérialiste de substitution, flanquée de l’Iran. Depuis la prise d’Alep la révolution syrienne est sans doute battue mais rien ne pourra être comme avant avec des centaines de milliers de morts et des millions de réfugiés.

Une terrible leçon vient d’être administrée aux « internationalistes » sélectifs qui refusaient tout soutien aux insurgés syriens – l’entendront-ils ? – : l’attaque d’Afrin par l’armée d’Erdogan est la suite directe du massacre par la famine et les bombes, y compris chimiques, de la Ghouta de Damas et d’Idlib, elle est permise par le rapport de force dégradé résultant du sauvetage de Bachar. Ne défendre qu’Afrin contre Erdogan condamne et les Kurdes et les Syriens : il faut défendre ensemble Afrin, la Ghouta et Idlib, de même qu’il fallait, à plus grande échelle, défendre ensemble Gaza, Alep et Sanaa. Il faut donc une force politique pour dire cela. Son absence à grande échelle n’a pas été un facteur parmi d’autres du massacre du peuple syrien depuis 7 ans, mais le facteur clef qui l’a permis.

Pour autant, aucune stabilisation n’est de mise : l’intervention turque et les opérations israéliennes contre l’Iran et les milices shi’îtes en Syrie le confirment …

Et l’Europe ?

Des perspectives politiques pour l’organisation du monde et de chaque continent, de l’imagination programmatique, voila qui urge !

Regardons, pour conclure, l’Europe. L’Union Européenne est dans le pire état qu’elle ait connu, mais le Brexit britannique n’a apporté aucune alternative. Ces derniers mois, la crise des Etats, crise des formes politiques de domination du capital en Europe, s’est notoirement aggravée avec la question catalane, qui met en cause l’existence de la monarchie post-franquiste espagnole, et la crise politique allemande, non résolue à ce jour même si les médias nous annoncent sa fin une fois par semaine depuis cinq mois !

Alors qu’IG-Metal a obtenu par une puissante mobilisation un accord partiel sur une nouvelle étape de réduction du temps de travail, faisant peur aux bourses, c’est bien l’aspiration démocratique et la résistance de la base du SPD, de ses Jeunesses, à un accord suicidaire pour sauver Merkel et les politiques austéritaires, qui est à l’origine de cette crise générale. Mais qui se présente comme à même d’y répondre ?

Les politiciens ultra-réactionnaires au pouvoir en Pologne, en Hongrie, et maintenant en Autriche, voire bientôt en Italie ?

Macron ?

Ni les uns ni les autres ne résoudront la crise du capitalisme et de ses systèmes de relations internationales. Macron veut aller vite pour augmenter drastiquement le taux d’exploitation du salariat en France. Voila qui situe nos propres responsabilités : préparer l’unité pour l’affrontement avec Macron, tout en engageant la discussion la plus ouverte sur des perspectives politiques européennes et mondiales, prenant en compte les questions nationales et démocratiques, à la hauteur des enjeux vitaux d’aujourd’hui.

VP, le 10/02/18.

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Le régime de Macron est en train de craquer aux coutures, par Jacques Chastaing

Présentation par APLS : après la reproduction de la contribution de Robert Duguet, nous poursuivons avec la reproduction de l’article de Jacques Chastaing qui tente lui aussi de cerner les caractères de la situation présente en France. Nous réaffirmons pour l’occasion que la construction de la défensive et de la contre-offensive contre Macron et sa politique ne peut se concevoir sans débats ni discussions  entre tous ceux se plaçant sur le terrain du mouvement ouvrier et des luttes réelles.

Ce que changent les grèves des Ehpad, des prisons et des jeunes, et la victoire de NDDL.

5 février 2018

Ces derniers jours les grèves des agents des Ehpad, des lycéens, étudiants et enseignants et des gardiens de prison ont par leur ampleur révélé au grand jour un mouvement social profond qui vient de loin, ne cesse de progresser et que je mesure au quotidien dans LuttesInvisibles. Ces grèves marquent un infléchissement remarquable de la situation sociale, mais aussi politique.

La grève des gardiens de prison est un exemple de cet infléchissement. Bien qu’agents de la répression, leur mouvement  dans ce contexte général a pris un caractère très différent de celui des policiers à l’automne dernier.

Ce dernier était très marqué par l’extrême droite, ses valeurs et ses objectifs. Celui des gardiens de prison, bien que déclenché sur un problème sécuritaire, a été marqué du timbre d’une révolte de ceux d’en dessous, de fonctionnaires méprisés et pressurés. Ainsi, la tonalité générale ressemblait plutôt à celle « d’ouvriers » dénonçant leurs conditions de travail – faisant même grève alors qu’ils n’en ont pas le droit – et la prison dans laquelle ils se disaient tout autant enfermés que les prisonniers eux-mêmes. Malgré les déclarations sécuritaires de quelques dirigeants syndicalistes, ce  n’est pas la couleur sécuritaire qui est ressortie de ce conflit, mais les problèmes de tous les prolétaires. On a même vu lors de la manifestation du 1.02 des agents d’insertion et de probation de la pénitentiaire à laquelle participait des gardiens de prison, la revendication du « moins de prison possible ».

Les élections partielles en sont un autre exemple : plus de 80% d’abstention voire plus de 90% dans les quartiers populaires, 95% dans certains bureaux de vote. L’abstention est fréquente dans les scrutins partiels mais rarement à ce niveau là, ce qui confirme l’abstention déjà massive des présidentielles et législatives du printemps. Si elle discrédite les solutions institutionnelles et tous les partis, c’est particulièrement l’autorité du gouvernement qui en est affectée et son isolement qui est souligné.

Aussi commence-t-on à entendre des commentateurs politiques qui se demandent s’il n’y a pas un risque de contagion et de convergence des luttes, s’il n’y a pas  là une situation dangereuse pour le pouvoir et l’ordre social.  Il n’y a pas encore de lâchage mais on sent que ce n’est peut-être pas loin.

Le changement commence doucement à se sentir mais pourrait bien s’amplifier rapidement. Le sondage qui donne 87% de soutien aux grèves actuelles comme un autre hier qui indiquait que 63% des jeunes étaient  prêts à participer à un mouvement de grande ampleur montrent que le temps de Macron est compté.

La rupture avec le dialogue social et le retour à l’action

Ces grèves de cette fin janvier et début février marquent une rupture avec le sentiment « d’impuissance » et « d’échec » vécu lors de la division et de la dispersion  organisée par les directions syndicales et politiques face aux ordonnances durant toute la période du printemps et de l’automne. Elles montrent surtout que ce ne sont pas les salariés qui ont perdu mais les directions syndicales et leurs tactiques. Avec en plus la victoire de NDDL, premier recul de Macron, ces grèves renforcent la confiance dans la lutte, impulsent d’autres manières de se battre et incitent à d’autres perspectives.

Cette ambiance nouvelle colore non seulement la grève des gardiens de prison mais aussi les manifestations des motards ou automobilistes contre les taxes de la « sécurité rentière » et les manifestations qui ont regroupé dans nombre de petites villes des retraités contre les petites pensions, la hausse de la CSG, mais aussi des salariés contre le blocage des salaires,  ou encore des militants contre la destruction du code du travail.

Cette ambiance change aussi le caractère des manifestations des paysans en colère des zones défavorisées ou de ceux qui dans le lait ou la viande se battent contre les tarifs que leur impose la grande distribution, en les intégrant dans un tout plus large.

Elle transforme également – tout particulièrement par le mouvement des jeunes scolarisés – les multiples grèves et luttes dispersées des enseignants du primaire – comme des parents – en ce début février contre les fermetures de classe, d’écoles ou suppressions de postes.

Elle crée un halo autour des grèves : les agents des Ehpad ont entraîné  des agents hospitaliers aux problèmes semblables, des aides à domiciles, des travailleurs sociaux, des organisations de retraités, des associations familiales, des résidents, des parents.

Parallèlement, on assiste à l’apparition sur internet  de réseaux de pré-coordination tels que #balancetonporc, #balancetonhosto, #balancetonehpad et à des premières tentatives de mises en réseaux de militants et salariés.

La dynamique de la situation avec toutes ces luttes construit peu à peu dans les esprits un tout et pousse à percevoir tout cela comme un mouvement général… qu’il resterait à organiser consciemment.

Ce qui change c’est en effet que l’envie – et la possibilité –  du tous ensemble grandit, que les frontières entre les professions et catégories s’estompent et que de plus en plus le camp du travail sento que le mouvement nécessaire pour affronter Macron ne dépend pas tant de dirigeants auto-proclamés, maisde la participation tout un chacun.

Si la résignation fruit d’années et d’années de « dialogue social »  frappe encore de nombreux secteurs militants traditionnels, le mot d’ordre qui se lève maintenant pour beaucoup est : Action !

Les secteurs en grève témoignent de changements en profondeur

Ce n’est pas étonnant que ce soient les secteurs les plus périphériques qui aient « craqué » les premiers : Ehpad, gardiens de prison, jeunes… comme par ailleurs les secteurs du commerce, du nettoyage, de la restauration rapide, des secteurs ubérisés ou de l’hôtellerie, qui mènent actuellement de nombreuses luttes souvent assez longues et victorieuses.

Les agents des Ehpad sont les prolétaires de la santé, les gardiens de prison sont les méprisés de la fonction d’État et les jeunes ont un statut ou un avenir de précaires sur-exploités et sans droits. Les ordonnances Macron, l’absence de code du travail, ils connaissent déjà. La sélection à l’université que Macron veut réserver aux enfants des riches est la démonstration quasi revendiquée qu’il n’y a pas de futur pour les enfants d’ouvriers et qu’il n’y a plus d’ascenseur social  qu’il n’y a que des classes sociales.

Ces secteurs sont plus exploités ou exploitables, souvent peu syndiqués ou organisés. Par contre ils sont moins soumis à l’autorité et au conformisme des organisations politiques et syndicales traditionnelles. Aussi quand les choses bougent, ils sont  des plaques sensibles révélant par leurs mouvements ce qui se meut plus en profondeur.

Cela signifie que si les ordonnances ont été votées… elles sont loin d’être appliquées. Avec Pimkie, PSA ou la Société Générale tout le monde a vu les dégâts que pourraient entraîner les ruptures conventionnelles collectives… Et si dans bien des endroits cela peut passer, il n’est pas dit dans une ambiance générale où beaucoup de salariés ne se résignent pas, que cela ne déclenche pas une vague générale de révoltes qui pourraient contribuer à faire ressentir encore plus fortement la nécessité de s’unir, de construire des fronts de lutte, des « Fronts Sociaux ».

Le « Front Social » qui a émergé ce printemps est l’expression organisée de la situation : non pas une organisation de plus, mais la conscience grandissante que par delà nos diversités professionnelles ou organisationnelles il nous faut nous unir dans l’action pour dégager Macron et sa politique.

Jacques Chastaing le 4 février 2018

Repris de la publication atérieure sur Mediapart réalisée par Jean-Marc B.
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Reprendre l’initiative pour une constituante souveraine, par Robert Duguet

Présentation par APLS : Nous reproduisons ci-dessous l’article de Robert Duguet paru le 5 février sur son blog, dont le propos se veut un commentaire à notre éditorial daté du 3 février. Il ne peut y avoir unité d’action, unité pour l’action commune contre la politique de Macron et des patrons, sans libre discussion entre militants ouvriers. A notre échelle, nous voulons contribuer à la restauration de mœurs de discussion fraternelle, à l’heure où certains affichent une volonté hégémonique, destructrice et paralysante, et n’envisagent l’avenir que par le ralliement contraint des autres à leur auguste personne.

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Présentation par Robert Duguet : cet article est une petite note de contribution au site des camarades d’Arguments pour la lutte sociale que nous reproduisons ici. De même, nous y ajoutons, l’appel de la conférence du 20 janvier de l’organisation des camarades de Gérard Filoche qui viennent de sortir du PS ainsi que l’appel du POID (Parti Ouvrier Indépendant Démocratique) pour une manifestation unitaire contre Macron le 13 mai 2018.

Effectivement nous sommes à un tournant de la situation politique : même si un vent de folie conduit Macron à appuyer sur tous les boutons en même temps pour détruire les conquêtes ouvrières et démocratiques, le rejet conscient de la stratégie des journées d’action par le salariat et le développement de toute une série de mouvements sociaux (Gardiens de prisons, mouvements dans les EPHAD, début de mobilisations dans la jeunesse contre la contre-réforme de destruction du Bac et mouvements à l’université, multiplication de conflits dans les entreprises parfois victorieux) révèlent un profond mouvement qui va vers l’affrontement. Toutefois aux éléments analysés dans le texte d’Arguments pour la lutte sociale, il faudrait ajouter deux points ; le recul du gouvernement sur la construction de l’aéroport de Notre Dame des Landes a été un signe important annonçant ce tournant dans la situation. Si on sort un peu de la situation hexagonale, le déclenchement d’une grève dure au cœur du prolétariat allemand, c’est-à-dire au cœur de l’Europe libérale, portée par le syndicat IG Metal, engage un bras de fer avec la politique de Merkel.

Se préparer politiquement à l’affrontement signifie à mon sens contribuer à ouvrir une perspective gouvernementale : tôt ou tard, le mouvement qui sourd de tous les pores de la société civilisée, débouchera sur un affrontement avec l’Etat bourgeois. Macron déclenche le blitzkrieg car c’est pour eux la seule manière de profiter du créneau offert par la décomposition des formes parlementaires et politiques du vieux mouvement ouvrier.

Après la Corse, Mélenchon continue, avec une belle obstination, ses conneries populistes : relisons sa note du 1er février :  

« Voyons le fond. À Belfort la tonalité « gauche rassemblée » était revendiquée par le MRC qui nous soutenait sur ce thème. Il a fonctionné comme un rayon paralysant, gelant en partie les votes dégagistes que nous devions mobiliser. Dans le Val-d’Oise, c’est le contraire. Chacun allait chacun pour soi. Pas de tambouille Ce fut un facteur entrainant. Dans certaines communes et certains bureaux de vote c’est même spectaculaire. Les bureaux de vote à 30 ou 40 % en milieu populaire sont nombreux. Et pour finir le score total est meilleur que celui de juin dernier. Ce résultat fonctionne donc comme un message clair : dans une élection nationale, « la gauche rassemblée » est un étouffoir, un brise lame, un tue la joie. En outre, au cas de Belfort, « la gauche rassemblée » surchargeait notre barque des contentieux entre partis de « l’union de la gauche » qui se sont sévèrement entretués aux dernières municipales. De plus, le MRC qui nous soutenait était l’ancien candidat commun du PS, du MRC et de EELV. La leçon ne peut être négligée ni oubliée. Elle ne le sera pas. C’est la condition pour créer une nouvelle dynamique populaire dans le pays. »

Autrement dit, quand la gauche se rassemble à Belfort, Mélenchon occultant sciemment au passage que le candidat de la FI a aussi reçu le soutien du PCF, c’est un « rayon paralysant ». Pour analyser ce qui s’est passé dans le Val d’Oise, il commence aussi par refuser de partir de la réalité. Et cette réalité c’est 80% d’abstention. Donc un refus par l’électorat de continuer à se situer dans les institutions actuelles. FI qui passe en 3ème position dans ce cadre-là, cela n’est aucunement significatif d’un engouement quelconque pour ce mouvement. Vive la division ! Le chef conclut : « Ce résultat fonctionne donc comme un message clair : dans une élection nationale, « la gauche rassemblée » est un étouffoir, un brise lame, un tue la joie. »

Pour ma part je suis bien entendu favorable à travailler à rassembler tous ceux qui veulent l’unité pour arrêter le massacre: mais aussi bien l’appel des camarades de Filoche qui viennent de sortir du PS, que celui du POID appelant à manifester dans l’unité le 13 mai 2018, souffrent d’une carence politique. Si intervention des masses « en un lieu où se règlent leurs destinées », pour reprendre le mot de Trotsky à propos de la révolution de février 1917,  il va y avoir, il faut une proposition qui réponde à ce mouvement. Le texte de Filoche parle de la VIème république… C’est mal poser le problème. C’est mettre la charrue avant les bœufs. Pour donner au salariat les moyens de se reconstruire comme corps politique et ceci pour gouverner la société, il faut des collectifs démocratiques de citoyens qui posent la question de leur représentation, et donc d’institutions dont ils définiront eux-mêmes la forme et le contenu. Il faut donc des collectifs pour une constituante souveraine qui réponde au mouvement de l’entrée en lutte des salariés et qui nous débarrasse enfin des institutions de la Vème république et de son élection présidentielle. Si la réponse politique à la crise politique et institutionnelle qui s’avance se conclut par une réponse dans le cadre cette Vème république en décomposition, nous serons une nouvelle fois piégés.

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